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Les troubles du spectre autistique (TSA) englobent une grande diversité de profils cognitifs, de comportements et de manières d’interagir avec le monde. Une des caractéristiques les plus marquantes chez de nombreuses personnes autistes est une modulation particulière de l’attention, notamment de l’attention sélective — c’est-à-dire la capacité à filtrer l’information pertinente et à ignorer les distractions.

Alors que certaines personnes autistes peuvent démontrer une attention intense et focalisée sur un sujet d’intérêt spécifique, elles peuvent aussi rencontrer des difficultés à changer de focus ou à inhiber des stimuli parasites, notamment dans des environnements sensoriels surchargés. Cet article explore les mécanismes de l’attention sélective dans l’autisme, leurs origines neurocognitives et leurs implications au quotidien.


🔍 Qu’est-ce que l’attention sélective ?

L’attention sélective est la capacité à :

  • Diriger sa concentration sur un stimulus particulier (visuel, auditif, cognitif)
  • Ignorer ou inhiber les informations non pertinentes
  • S’adapter dynamiquement aux changements de contexte

Elle mobilise des régions cérébrales clés :

  • Le cortex préfrontal (contrôle exécutif)
  • Le cortex pariétal postérieur (orientation de l’attention)
  • Les réseaux fronto-striataux (flexibilité cognitive et inhibition)

🧬 Ce qui change dans les TSA

Les personnes autistes présentent une attention atypique sur plusieurs plans :

🎯 1. Hyperfocalisation

Certaines personnes autistes manifestent une capacité exceptionnelle à se concentrer sur un détail précis pendant de longues périodes.

Exemple : construire un puzzle complexe, mémoriser des horaires ou observer un objet avec minutie.
Ce phénomène peut refléter une activation renforcée du réseau attentionnel dorsal et une réduction de l’interférence du réseau par défaut.

🔊 2. Hypersensibilité aux stimuli

Les personnes autistes ont souvent du mal à filtrer les informations sensorielles : un bruit de fond, une lumière vive ou un mouvement périphérique peuvent capter l’attention malgré l’effort de concentration.

Cela crée une surcharge sensorielle qui entrave l’attention sélective.

🔁 3. Difficulté de changement attentionnel

Le passage d’une tâche à une autre (flexibilité attentionnelle) peut être difficile. L’attention reste “bloquée” sur un stimulus ou une activité.

Étude de Keehn et al. (2013) : les enfants autistes montrent un délai accru dans le redéploiement attentionnel face à de nouveaux stimuli.

🌀 4. Filtrage inhibitoire altéré

Le mécanisme qui permet normalement d’ignorer des stimuli non pertinents est souvent moins efficace.

Résultat : distraction fréquente, difficulté à suivre une conversation dans un lieu bruyant, ou surcharge cognitive.


🔬 Ce que disent les neurosciences

Belmonte et al. (2004) : les TSA sont associés à une surconnectivité locale (entre neurones proches) mais une sous-connectivité globale (entre régions éloignées), affectant la coordination de l’attention.
Allen & Courchesne (2001) : anomalies dans les régions du cortex frontal et du cervelet, impliquées dans le filtrage attentionnel et la planification.
Keehn et al. (2015) : hyperactivation de l’amygdale et du cortex sensoriel dans des tâches impliquant des stimuli complexes, entraînant une surcharge perceptive.


🧭 Conséquences concrètes dans la vie quotidienne

  • Difficulté à suivre les instructions verbales dans des contextes bruyants
  • Hyperréactivité à certains sons, lumières ou textures
  • Tendance à se concentrer sur des détails au détriment du sens global
  • Rigidité dans les routines et inconfort face à l’imprévu
  • Isolement social ou repli lié à la surcharge cognitive

🛠️ Stratégies d’adaptation et d’accompagnement

✔️ Adapter l’environnement sensoriel : limiter les distractions auditives et visuelles dans les espaces d’apprentissage ou de travail.
✔️ Utiliser des supports visuels : les images et pictogrammes aident à orienter l’attention vers l’essentiel.
✔️ Favoriser des routines structurées : elles réduisent l’incertitude et facilitent le déploiement attentionnel.
✔️ Pratiquer des exercices de pleine conscience : pour entraîner le cerveau à revenir à l’instant présent.
✔️ Entraînement cognitif personnalisé : des programmes spécifiques existent pour développer la flexibilité attentionnelle.


🌟 Conclusion

L’attention sélective, souvent perturbée dans les troubles du spectre autistique, est à la fois une source de défis et de forces. En comprenant les mécanismes neurocognitifs sous-jacents, il devient possible de mieux accompagner les personnes autistes dans leur parcours éducatif, social et professionnel, en valorisant leurs capacités uniques tout en réduisant les obstacles à la concentration.


💡 Respecter la différence, c’est aussi adapter l’environnement à l’attention de chacun.

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