On pense souvent que l’addiction sexuelle ne se voit pas, qu’elle se cache dans les replis de l’intime, là où personne ne regarde.
Mais pour celles et ceux qui en souffrent, elle est bien réelle : obsession, isolement, honte, perte de contrôle.
Et pour en sortir, il faut du courage. De la patience. Et souvent… une main tendue.
Dans cet article, nous donnons la parole à des hommes et des femmes qui ont traversé cette dépendance.
Parce que l’addiction sexuelle n’est pas une fatalité, et que chaque témoignage peut être une lumière pour d’autres.
Camille, 38 ans : “J’ai compris que je cherchais une émotion, pas du sexe”
“J’étais dans une boucle infernale. Chaque moment de solitude, de stress, de conflit avec mon compagnon déclenchait une compulsion.
Je pouvais passer des heures sur des sites, sans rien ressentir au fond.
Et plus je le faisais, plus je me sentais vide.
La thérapie m’a aidée à mettre des mots. J’ai compris que je cherchais à éteindre une douleur, pas à satisfaire un désir.
Le sexe n’était pas le problème. C’était le refuge que j’utilisais pour fuir mes émotions.”
Thomas, 44 ans : “Parler m’a sauvé”
“Je croyais être seul. Je me disais que c’était une honte, que personne ne pouvait comprendre.
Mais le jour où j’ai osé en parler à un psy, tout a commencé à changer.
Puis j’ai intégré un groupe de parole. Écouter les autres m’a permis de me reconnaître, sans me juger.
Je suis toujours en chemin, mais aujourd’hui je choisis.
Je ne suis plus piloté par ma compulsion.”
Leïla, 29 ans : “J’avais associé désir et danger”
“J’ai été agressée à l’adolescence.
Ensuite, j’ai vécu une sexualité que je croyais libre… mais qui était en fait une répétition.
J’étais incapable d’être dans une relation affective stable.
Le sexe me servait à me sentir forte, vivante, mais je fuyais toute forme de proximité vraie.
La thérapie m’a aidée à différencier désir et blessure.
Aujourd’hui, je redécouvre la lenteur, la tendresse, la confiance.”
Nicolas, 51 ans : “Il ne suffit pas de vouloir arrêter”
“Pendant des années, j’ai essayé d’arrêter seul.
Je me promettais, je culpabilisais, je craquais… et je recommençais.
Ce n’est pas qu’une question de volonté.
J’ai dû comprendre d’où venait ce besoin, ce que j’essayais d’apaiser.
Et surtout, j’ai appris à me reconstruire autrement.
À prendre soin de moi, sans me punir.”
Points communs dans ces récits
- Une prise de conscience progressive
- Un mal-être souvent ancien, jamais nommé
- Un besoin de contrôle, de soulagement, ou de réassurance
- Une honte profonde, mais aussi une immense force intérieure
- Le rôle clé de la parole, du lien, de l’écoute thérapeutique
Ce que ces témoignages nous apprennent
- Que l’addiction sexuelle n’est pas une pathologie de pervers·e, mais une stratégie de survie
- Qu’elle peut concerner toutes les identités, tous les âges, tous les milieux
- Que l’on peut s’en libérer sans renoncer à la sexualité, mais en la réintégrant autrement
- Que le chemin de sortie est unique, mais toujours possible
En conclusion
Sortir de l’addiction sexuelle, ce n’est pas redevenir “normal·e”.
C’est retrouver une relation libre, consciente, vivante à son désir.
C’est apprendre à exister autrement qu’à travers l’excitation ou la fuite.
Et surtout, c’est se rappeler que la honte ne guérit rien.
Mais la parole, l’écoute et la bienveillance… peuvent tout transformer.
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