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De nombreuses personnes déclarent fumer pour “se calmer” ou “gérer leur stress”. Il est vrai que la cigarette semble procurer un soulagement rapide dans les moments de tension. Mais cet apaisement est-il réel ou simplement apparent ? Et surtout, que se passe-t-il sur le long terme ?

Ce lien entre cigarette et anxiété mérite d’être exploré en profondeur, car il révèle un paradoxe : le tabac semble calmer l’anxiété… tout en l’entretenant.


La nicotine : faux calmant, vrai stimulant

La nicotine agit sur plusieurs neurotransmetteurs du cerveau, notamment la dopamine et la noradrénaline. Elle stimule la vigilance, favorise une sensation de plaisir, et… peut paradoxalement accroître l’état d’alerte du corps.

Alors pourquoi a-t-on cette impression d’apaisement ? Parce qu’elle vient calmer les symptômes de manque que la précédente cigarette a elle-même provoqués. En d’autres termes : la cigarette ne calme pas l’anxiété, elle calme… le manque de nicotine.


Le cercle vicieux anxiété – tabac

Voici comment ce cercle s’installe :

  1. Le fumeur est stressé ou anxieux
  2. Il fume → soulagement rapide
  3. Quelques heures plus tard → agitation, tension, envie de fumer
  4. Nouvelle cigarette pour “calmer”
  5. Le cerveau associe : stress = cigarette = soulagement
  6. La dépendance se renforce
  7. Le niveau d’anxiété global augmente avec le temps

Ce mécanisme s’insinue sans que l’on s’en rende compte. La cigarette devient alors un anxiolytique quotidien, mais inefficace sur le long terme.


Tabac et troubles anxieux : que disent les études ?

De nombreuses recherches ont montré que les fumeurs ont un niveau moyen d’anxiété plus élevé que les non-fumeurs. Et chez les personnes ayant des troubles anxieux diagnostiqués, le taux de tabagisme est supérieur à la moyenne.

Une étude publiée dans le British Journal of Psychiatry a démontré que les personnes ayant arrêté de fumer rapportaient une diminution significative de l’anxiété après quelques semaines, équivalente à celle obtenue par certains traitements médicamenteux.


L’illusion de maîtrise

Fumer donne l’impression de contrôler ses émotions. On peut sortir prendre l’air, se recentrer, avoir une excuse pour s’éloigner d’une situation tendue. Mais cette impression de contrôle masque une dépendance comportementale et émotionnelle.

Plus on s’en remet à la cigarette pour réguler son stress, moins on développe ses propres ressources internes.


Quelles alternatives pour gérer l’anxiété ?

Arrêter de fumer, c’est aussi se réapproprier la gestion de ses émotions. Voici quelques pistes efficaces :

1. La respiration profonde
Elle agit directement sur le système nerveux autonome. Cinq minutes de respiration lente peuvent faire chuter le niveau de stress.

2. L’activité physique
Même modérée, elle libère des endorphines, régule le sommeil et diminue l’anxiété de fond.

3. Les rituels de réassurance
Boire une tisane, marcher, écrire, écouter une musique apaisante… recréer des routines saines pour répondre aux tensions.

4. La thérapie
La TCC (thérapie cognitivo-comportementale), la pleine conscience ou l’EMDR peuvent aider à comprendre et désamorcer les mécanismes anxieux.

5. Le soutien
Être accompagné par un professionnel ou un groupe de parole permet de ne pas se sentir seul dans le processus.


En conclusion

Le tabac donne l’illusion d’un remède à l’anxiété, mais agit en réalité comme un facteur d’entretien du stress. S’en libérer, c’est se redonner les moyens d’une régulation émotionnelle plus durable, plus authentique… et plus saine.

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