Arrêter de fumer n’est pas une ligne droite. Beaucoup rêvent d’un arrêt définitif du jour au lendemain. Mais dans la réalité, la route est sinueuse, jalonnée de doutes, d’émotions fortes… et parfois de rechutes. Ces dernières, loin d’être des échecs, font souvent partie du processus normal de libération.
Alors, pourquoi rechute-t-on ? Que faire après une reprise ? Et surtout, comment transformer ces moments en leviers pour mieux avancer ?
Une vision trop idéaliste de l’arrêt
L’image véhiculée autour du sevrage est souvent binaire : fumeur vs non-fumeur. Cela laisse peu de place à l’imperfection, à l’expérimentation, à la vulnérabilité. Pourtant, comme pour tout changement profond, l’arrêt du tabac implique des ajustements, des essais, des retours en arrière parfois nécessaires pour ancrer durablement la décision.
Pourquoi la rechute survient-elle ?
Il n’existe pas une cause unique. Les rechutes sont souvent multifactorielle et combinent :
- Un événement émotionnel intense (stress, conflit, solitude)
- Un contexte social à risque (soirée, alcool, groupe de fumeurs)
- Un moment de fatigue ou de fragilité
- La nostalgie du “plaisir” de fumer
- La croyance que “juste une” ne fera pas de mal
Ces facteurs agissent comme des déclencheurs puissants, surtout si l’on n’a pas encore développé de stratégies alternatives solides.
Culpabilité : ennemie de la résilience
Après une rechute, la culpabilité surgit presque systématiquement : “Je suis nul.le”, “J’ai tout gâché”, “Je n’y arriverai jamais”… Ces pensées nourrissent la honte, l’auto-dénigrement, voire l’abandon pur et simple de l’objectif.
Mais la culpabilité n’aide pas à avancer. Elle fige. Ce dont on a besoin, c’est de bienveillance, de compréhension, de capacité à observer sans se juger.
Rechuter n’efface pas les progrès
Un mois sans cigarette, ce n’est pas rien. Même une semaine, c’est une victoire. Une rechute ne remet pas à zéro ce qui a été accompli. Au contraire, elle peut révéler :
- Ce qui n’était pas encore assez solide
- Les situations à mieux anticiper
- Les émotions encore difficiles à gérer autrement
Chaque reprise peut être l’occasion de mieux se connaître, de comprendre ses vulnérabilités et de renforcer ses ressources.
Que faire après une rechute ?
1. Respirer. Ne pas paniquer.
Ce n’est pas la fin du parcours. Une rechute, ce n’est pas “tout reprendre à zéro”. C’est un détour, pas un abandon.
2. Identifier ce qui a déclenché
Quel était l’état émotionnel ? Le contexte ? Les pensées associées ? C’est en comprenant qu’on peut prévenir.
3. Se rappeler ses motivations
Pourquoi avais-je arrêté ? Qu’est-ce que j’y ai déjà gagné ? Quels bénéfices ai-je perçus, même en quelques jours ?
4. Éviter l’effet “tout ou rien”
Une cigarette n’implique pas forcément la reprise complète. Parfois, on peut se dire “j’ai fumé une, j’ai raté, tant pis, je continue”… alors qu’on pourrait aussi dire “OK, une, mais j’en reste là.”
5. Renforcer l’accompagnement si besoin
Parler à un professionnel, rejoindre un groupe de soutien, explorer des approches complémentaires (hypnose, thérapies cognitives, etc.) peut faire la différence.
L’approche du “recommencement”
Certaines personnes arrêtent définitivement après 4, 5 voire 10 tentatives. C’est normal. Comme un enfant qui apprend à marcher, chaque chute prépare la prochaine réussite.
Le plus important n’est pas combien de fois on rechute, mais à quel point on choisit de recommencer.
En conclusion
Rechuter ne signifie pas échouer. C’est un signal, une étape, parfois même un accélérateur de prise de conscience. Ce qui compte, ce n’est pas la chute, mais la capacité à se relever avec plus de lucidité, plus d’outils, et plus de douceur envers soi-même.
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