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Travailler, mais souffrir… de ne rien faire

Le monde du travail est souvent associé à la pression, à l’urgence, à la suractivité.
Mais l’inverse peut être tout aussi destructeur : être au travail, mais ne plus rien y trouver de vivant, d’utile, de stimulant.

Ce sentiment de vide professionnel, prolongé et toxique, porte un nom : le bore-out.
Et dans certains cas, il peut entraîner une phobie du travail, non pas à cause d’un excès de stress, mais à cause d’un excès… d’ennui.


Bore-out : de quoi parle-t-on ?

Le bore-out (ou syndrome d’épuisement par l’ennui) se manifeste par :

  • Un sentiment profond d’inutilité
  • Une perte de motivation persistante
  • Une sensation de vide intellectuel et émotionnel
  • Une fatigue inexplicable malgré l’absence de surcharge

C’est une souffrance silencieuse, souvent mal comprise, car elle se cache derrière une apparence de calme ou d’inactivité.


Quand l’ennui devient douloureux

Loin d’un moment de pause bénéfique, le bore-out se traduit par :

  • Une détérioration de l’estime de soi (“je sers à rien”, “je suis invisible”)
  • Des troubles anxieux ou dépressifs (“je m’éteins petit à petit”)
  • Une perte de lien social, car on n’ose pas dire que l’on souffre… d’ennui
  • Un désengagement mental progressif, qui peut mener à la fuite, au retrait ou au blocage

Témoignage fictif : Hélène, 43 ans

“On m’a changé de poste. Depuis, je ne fais presque plus rien. Je viens, je souris, je clique… et j’attends. Je me sens inutile. Je n’ai plus envie de me lever. Je commence même à avoir peur de revenir. Je fais semblant de travailler, mais je me vide chaque jour un peu plus.”


Le lien entre bore-out et phobie

Le bore-out peut entraîner, à long terme :

  • Un évitement du travail : retards, absences, congés à répétition
  • Une peur de devoir revivre ce vide, au point de repousser toute nouvelle activité
  • Une incapacité à se projeter dans un avenir professionnel
  • Une assistance chronique à la prise de décision, par peur de “retomber dans le néant”

Ce processus est similaire à celui d’un traumatisme par épuisement émotionnel, où l’organisme développe une réaction phobique à ce qui a fait mal.


Pourquoi cela arrive-t-il ?

🧱 1. Des tâches sous-stimulantes

Quand le travail devient répétitif, déconnecté du sens, ou trop éloigné des compétences personnelles, le cerveau décroche.

🙅‍♀️ 2. Un management dysfonctionnel

La mise au placard, les missions absurdes, ou l’absence totale de feedback peuvent faire naître un sentiment d’abandon professionnel.

🕳️ 3. Une perte de sens

Certaines personnes réalisent qu’elles ne savent plus pourquoi elles font ce qu’elles font.
La déconnexion entre leurs valeurs et leur emploi devient source d’angoisse latente.

🎭 4. L’impossibilité d’en parler

Souffrir d’ennui au travail est souvent vu comme un luxe ou un caprice.
Résultat : on garde le silence, on s’isole, on se ronge de l’intérieur.


Les signes à repérer

  • Vous êtes épuisé… sans avoir fait grand-chose
  • Vous attendez la fin de la journée, dès le matin
  • Vous n’osez plus proposer d’idées, ou on ne vous écoute plus
  • Vous ressentez de l’anxiété rien qu’en pensant au travail
  • Vous commencez à fantasmer une rupture radicale : démission, fuite, changement total

Peut-on en sortir ? Oui, avec lucidité, courage et accompagnement


🔍 1. Reprendre conscience de ses besoins

  • Est-ce le contenu du travail qui est en cause ?
  • Est-ce l’environnement relationnel ?
  • Est-ce le rythme, le sens, l’autonomie ?

Identifier la nature du vide est essentiel pour retrouver de la clarté.


💬 2. Oser nommer ce qu’on vit

En parler à :

  • Un collègue de confiance
  • Un supérieur ouvert au dialogue
  • Un professionnel de l’écoute (psychologue du travail, thérapeute, coach)

Sortir du silence, c’est briser l’isolement intérieur.


🧭 3. Réintroduire du mouvement

Cela peut passer par :

  • Proposer un nouveau projet
  • Demander une formation
  • Changer de mission temporairement
  • Créer un espace de créativité personnel en dehors du travail

Le simple fait d’agir en lien avec ses valeurs redonne de l’élan.


🧠 4. Travailler la peur de retomber dans ce vide

Beaucoup restent figés par crainte de :

  • Recommencer “comme avant”
  • S’emballer pour un projet qui ne mènera nulle part
  • Perdre l’équilibre fragile acquis malgré tout

En thérapie, on peut déconstruire cette peur, et réhabiliter le droit d’avoir envie.


🔄 5. Redéfinir son rapport au travail

Travailler, ce n’est pas seulement produire.
C’est aussi :

  • Contribuer
  • Apprendre
  • Partager
  • Exprimer une part de soi

Retrouver ce sens, même à petite dose, change radicalement l’expérience.


Et si l’environnement est toxique ?

Dans certains cas, il n’est plus possible de “faire avec”.
Il faut alors :

  • Évaluer les alternatives
  • Chercher un appui extérieur (médecin du travail, associations, RH)
  • Mettre en place un plan de sortie progressif ou radical

Se respecter passe parfois par un départ.


Conclusion : Refaire du travail un espace vivant

Le bore-out est une blessure invisible.
Il ne fait pas de bruit. Il use lentement.
Mais il dit quelque chose d’essentiel :

“J’ai besoin de me sentir vivant là où je passe mes journées.”

Réapprendre à se mobiliser, à se relier, à croire que le travail peut aussi être un lieu de croissance, c’est reconquérir son droit au mouvement.

Et peut-être un jour, retrouver le goût d’agir, non par obligation… mais par élan retrouvé.

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