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Il grimpe, saute, bouge, parle, se retourne, touche à tout. Il ne reste pas assis.
À l’école, on le rappelle à l’ordre. À la maison, on soupire. Dans la rue, on l’attrape pour éviter qu’il ne fonce.

Cet enfant, on dit de lui qu’il est “turbulent”, “épuisant”, “dans l’excès”. Mais avant d’étiqueter, il faut comprendre.

L’agitation motrice chez l’enfant, surtout avant 6 ou 7 ans, n’est pas toujours pathologique. Elle peut révéler :

  • Une phase normale du développement psychomoteur
  • Un besoin vital de mouvement pour penser, grandir, se rassurer
  • Une réponse à une tension émotionnelle non verbalisée

Dans cet article, on explore cette agitation en profondeur pour différencier ce qui est normal, ce qui est transitoire, et ce qui mérite une attention particulière.


Ce que l’on observe chez l’enfant “agité”

L’enfant bouge. C’est son mode d’exploration du monde. Mais certains signaux alertent :

  • Il se lève sans cesse à table, en classe, en activité
  • Il change de position toutes les deux minutes
  • Il parle fort, crie, coupe la parole
  • Il a du mal à attendre son tour
  • Il manipule sans cesse des objets autour de lui
  • Il interrompt, pousse, grimpe sans conscience du danger

Ces comportements ne sont pas toujours intentionnels. L’enfant peut dire :

“Je ne voulais pas, c’est mon corps qui a fait tout seul.”


Mieux comprendre l’agitation motrice précoce

🎢 1. Une immaturité neurologique

Avant 6 ans, le cerveau de l’enfant — notamment son cortex préfrontal — est en plein développement.
C’est cette zone qui permet :

  • Le contrôle des impulsions
  • L’inhibition motrice
  • L’anticipation
  • La régulation émotionnelle

Quand cette zone n’est pas encore bien connectée, le corps “agit avant de réfléchir”.

🔄 2. Un besoin de régulation interne

Bouger est un moyen d’apaiser une tension émotionnelle ou cognitive :

  • Trop de stimulations → besoin de se défouler
  • Ennui ou attente → besoin de rythme
  • Frustration ou angoisse → besoin de décharger

Le mouvement devient alors un moyen d’auto-régulation.

🧠 3. Une pensée en mouvement

Beaucoup d’enfants pensent en bougeant. Leur cerveau se met en route quand leur corps est actif.
Ils ne sont pas inattentifs : ils soutiennent leur attention par le mouvement.


Ce que l’agitation n’est pas

Il est essentiel de ne pas confondre :

  • Une agitation motrice physiologique avec un trouble du comportement
  • Une énergie vivante avec de la désobéissance
  • Une immaturité neurologique avec un trouble psychiatrique

Un enfant qui bouge beaucoup n’est pas forcément TDAH, ni “ingérable”.


Témoignage fictif : Léo, 5 ans

“À l’école, Léo ne tient pas en place. Il parle tout le temps. Il tourne autour de sa chaise. Mais à la maison, il peut rester concentré sur ses Lego pendant une heure… à condition d’avoir couru 20 minutes dans le jardin.”

Le cas de Léo montre qu’un cadre souple, alternant mouvement et concentration, peut apaiser l’agitation sans la bloquer.


Que faire quand l’agitation devient envahissante ?

Voici quelques pistes concrètes :

  1. Observer les moments d’agitation
    • Quand surviennent-ils ?
    • Dans quelles conditions ?
    • Que semble-t-il fuir ou chercher ?
  2. Créer un environnement favorable au mouvement
    • Proposer des transitions actives (marcher, sauter, danser)
    • Alterner tâches cognitives et corporelles
    • Aménager un coin moteur à la maison
  3. Favoriser des rituels corporels de recentrage
    • Jeux de respiration
    • Activités sensorielles calmes (pâte à modeler, sable, musique lente)
    • Auto-massages ou “jeux de la tortue” (ralentir volontairement)
  4. Valoriser l’écoute corporelle
    • Aider l’enfant à reconnaître ce que son corps lui dit (“Tu sens ton cœur qui bat vite ?”)
    • L’amener à trouver ses propres moyens de retour au calme
  5. Ne pas punir l’agitation motrice
    • Éviter les “tiens-toi tranquille !” non accompagnés
    • Préférer : “Tu as besoin de bouger, viens sauter ici avant de t’asseoir”

Quand consulter ?

On peut envisager un accompagnement si :

  • L’agitation dure au-delà de 6 ou 7 ans de façon très marquée
  • Elle s’intensifie dans tous les contextes
  • Elle empêche l’apprentissage, la socialisation ou le repos
  • Elle est accompagnée de souffrance émotionnelle visible (pleurs fréquents, agressivité, repli)

Dans ce cas, il est utile de consulter :

  • Un psychomotricien
  • Un neuropsychologue
  • Un pédiatre spécialisé
  • Un psychologue de l’enfant

Conclusion : Bouger pour grandir

L’agitation motrice précoce n’est pas un problème à éradiquer. C’est souvent un langage corporel, une manière de dire :

“Je grandis vite, je ressens fort, j’ai besoin d’espace pour devenir moi.”

Offrir un cadre qui accueille le mouvement plutôt que le contraindre, c’est aider l’enfant à devenir un adulte capable d’écouter son corps au lieu de le subir.

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