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Et si ce n’était pas l’échec… mais la réussite qui faisait peur ?

On parle souvent de la peur d’échouer. Mais il existe un phénomène plus discret, plus insidieux : la peur de réussir.

Cela peut sembler paradoxal. Après tout, qui ne voudrait pas s’épanouir, atteindre ses objectifs, briller dans ce qu’il fait ?
Et pourtant, pour certaines personnes, la perspective d’une réussite déclenche un mécanisme de défense puissant : l’auto-sabotage.

Loin d’un manque d’ambition ou de motivation, la phobie de la réussite est un processus profondement inconscient, enraciné dans la peur du changement, de l’exposition ou de la perte de repères.


Reconnaître la phobie de la réussite

Elle se manifeste souvent par :

  • Une procrastination inexpliquée, surtout en phase de finalisation d’un projet
  • Des oubli répétés, des “ratés” involontaires
  • Des auto-critiques excessives au moment où tout fonctionne
  • Un repli juste après une réussite notable
  • Le sentiment étrange de ne pas mériter son succès

Souvent, ces personnes travaillent dur… jusqu’à ce qu’un palier décisif approche. Et là, quelque chose bloque. Sans raison apparente.


Témoignage fictif : Sarah, 32 ans

“J’avais enfin l’opportunité d’être promue. J’ai passé des mois à rêver de ce moment. Et pourtant… je n’ai pas envoyé le dossier. Je l’ai laissé traîner, puis j’ai trouvé des excuses. J’ai vu le poste me passer sous le nez. Et je me suis dit : ‘ouf… mais pourquoi ouf ?’”


Qu’est-ce qui se cache derrière cette peur ?


😨 1. La peur de l’exposition

Réussir, c’est être vu. Cela suppose parfois de s’exposer, de parler en public, d’assumer une position de leadership.
Pour les personnes sensibles, cela active une peur de jugement, d’attaque, ou de ne pas être à la hauteur.


🎭 2. Le syndrome de l’imposteur

“Si je réussis, ils vont finir par découvrir que je ne suis pas légitime.”
Ce mécanisme, très répandu, alimente un doute permanent sur sa valeur, et pousse inconsciemment à saboter ses chances pour ne pas être “démasqué”.


🌀 3. La peur du changement

Réussir implique souvent de changer de statut, de rythme, d’environnement.
Cela peut être vécu comme une perte de stabilité, voire de sécurité identitaire.


🔒 4. Le poids du conditionnement

Certaines personnes ont appris qu’il fallait “ne pas trop déranger”, “ne pas faire de vagues”, “ne pas dépasser les autres”.
Réussir devient alors une transgression inconfortable.


⛓️ 5. L’attachement inconscient à l’échec

Quand l’échec est devenu un repère familier, il rassure. On sait comment réagir, quoi ressentir.
La réussite, au contraire, désoriente, isole, ou suscite des attentes difficiles à gérer.


L’auto-sabotage : comment ça fonctionne ?

L’auto-sabotage n’est pas toujours volontaire. Il peut se manifester par :

  • Des décisions illogiques (“je change de cap au dernier moment”)
  • Une incapacité à agir au moment critique
  • Des conflits soudains avec les alliés ou les partenaires du projet
  • Des symptômes physiques (fatigue extrême, maux, insomnies)
  • Un dénigrement de sa propre réussite (“ce n’est rien”, “j’ai eu de la chance”)

Les risques si cette peur n’est pas adressée

  • Passer à côté d’opportunités de vie essentielles
  • Renforcer une image de soi négative (“je n’y arrive jamais”)
  • Entrer dans un cycle de frustration, culpabilité, et stagnation
  • Éloignement des proches ou collaborateurs qui ne comprennent pas

Peut-on sortir de ce mécanisme ? Oui, en douceur, avec lucidité et soutien.


🧭 1. Identifier les croyances associées à la réussite

  • “Si je réussis, on attendra encore plus de moi”
  • “Je vais perdre mes amis si je change de statut”
  • “Je ne suis pas prêt(e) à gérer la suite”

Ces croyances peuvent être questionnées en thérapie ou par soi-même pour les déconstruire.


💬 2. Accepter la peur comme signal, pas comme vérité

Ressentir de la peur face à une réussite ne signifie pas qu’on n’est pas fait pour réussir.
Cela montre juste un besoin de sécurité à honorer avant d’avancer.


🧘 3. Créer un cadre de réussite rassurant

  • Anticiper les étapes : “Et après, que se passe-t-il ?”
  • S’entourer de personnes de confiance
  • Planifier les moments d’exposition ou de changement

Mieux on visualise l’après, moins il fait peur.


💪 4. Cultiver la légitimité

  • Relire ses réussites passées
  • Noter ses compétences, ses efforts
  • Prendre le temps de célébrer chaque étape

La fierté n’est pas de l’arrogance. C’est un ancrage.


🌱 5. Apprendre à accueillir l’élan

Certaines personnes n’ont jamais appris à dire oui à ce qui fonctionne.
Elles attendent que “quelque chose cloche”, que “ça déraille”.
Travailler sur cette capacité à recevoir — réussite, reconnaissance, abondance — est un véritable chemin thérapeutique.


Et dans le monde professionnel ?

Les environnements de travail doivent :

  • Valider la progression étape par étape, pas seulement les résultats spectaculaires
  • Créer une culture de l’essai, et non du “toujours plus”
  • Protéger les talents qui doutent, pas seulement ceux qui brillent

Beaucoup de personnes brillantes partent en silence à cause d’une phobie invisible : celle de réussir.


Conclusion : Réussir, sans trahir

La phobie de la réussite ne révèle pas une fragilité… mais une tension intérieure entre l’élan de vie et la peur de perdre ce que l’on connaît.

C’est une lutte entre expansion et sécurité.
Mais il est possible d’apprendre à réussir sans se quitter, à grandir sans trahir ses racines.

Et un jour, choisir d’avancer… non pour prouver quoi que ce soit, mais parce que cela fait du bien d’être soi-même, même quand ça marche.

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