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Quand on pense à l’agressivité, on imagine spontanément une énergie tournée vers l’extérieur : cris, gestes brusques, confrontations. Pourtant, l’agressivité peut aussi se retourner contre soi-même, de manière parfois invisible mais tout aussi destructrice.

Cette auto-agression psychique, souvent nourrie de culpabilité, de colère rentrée ou d’une estime de soi abîmée, agit en silence. Elle ronge, isole, empêche de se réparer. Dans cet article, nous allons explorer les multiples formes que prend cette agressivité intérieure, ses origines, et comment en sortir.


🔁 Quand l’agressivité ne s’exprime pas… elle s’intériorise

Ne pas exprimer sa colère ne signifie pas qu’elle disparaît. En psychologie, on sait que ce qui n’est pas dit, s’imprime. L’agressivité non verbalisée, non reconnue, peut se retourner contre soi sous forme de :

  • Pensées auto-dévalorisantes
  • Culpabilité excessive
  • Sabotage de projets ou de relations
  • Comportements autodestructeurs (addictions, isolement, prises de risque)
  • Troubles somatiques (maux chroniques, douleurs diffuses)

👉 L’agression devient alors un dialogue intérieur toxique, un combat silencieux contre soi-même.


💬 À quoi ressemble l’agressivité envers soi-même ?

Elle se glisse dans des phrases intérieures comme :

  • “Je suis nul(le), j’y arriverai jamais.”
  • “C’est de ma faute, comme toujours.”
  • “Je ne mérite pas qu’on m’aide.”
  • “Je vais tout gâcher, autant ne rien faire.”

Elle peut aussi se manifester de manière comportementale :

  • Oublier délibérément de prendre soin de soi
  • S’empêcher de réussir ou de recevoir de l’amour
  • S’exposer à des situations humiliantes
  • Accepter des relations toxiques ou maltraitantes

🧠 Cette agressivité est souvent invisible pour l’entourage, car elle ne fait pas de bruit.


🧨 Les racines de l’auto-agression psychique

1. Un surmoi trop sévère

Selon Freud, le surmoi est la partie de notre psyché qui intègre les interdits, les règles, la morale. Lorsqu’il devient tyrannique, il attaque sans relâche : “Tu n’as pas été à la hauteur”, “Tu as mal agi”, “Tu ne vaux rien”.

2. Un passé culpabilisant

Les personnes ayant grandi dans un environnement où l’erreur était punie, la réussite jamais valorisée, ou la parole étouffée, développent souvent un dialogue intérieur punitif.

3. Une colère non reconnue

Beaucoup de personnes refusent ou ignorent leur propre colère, par peur de blesser ou de perdre le lien. Cette colère se retourne alors contre l’origine même de la tension : soi.

4. Une estime de soi fragilisée

Quand on ne se sent pas digne, on devient le premier à se punir, avant même que les autres ne le fassent.


🪞 L’auto-sabotage : une forme insidieuse d’agressivité

Certaines personnes mettent en place des schémas répétitifs de “ratage” :

  • Se lancer dans une relation vouée à l’échec
  • Abandonner un projet important au dernier moment
  • Provoquer inconsciemment des conflits
  • Refuser les compliments, la reconnaissance, le plaisir

🧩 Ce comportement a une logique psychique : ne pas réussir, c’est éviter de décevoir, d’être rejeté, ou d’entrer dans l’inconnu. Mais c’est aussi se punir de façon déguisée.


🔍 Et le corps dans tout ça ?

Le corps est souvent le terrain d’expression de cette agressivité intériorisée :

  • Douleurs chroniques
  • Troubles digestifs, tension musculaire
  • Insomnies
  • Automutilations, troubles alimentaires

Ces symptômes ne sont pas “dans la tête” : ils traduisent un conflit intérieur entre ce que l’on ressent et ce que l’on s’autorise à exprimer.


🔧 Sortir du cercle de l’auto-agression

1. Prendre conscience de la voix intérieure

Commence par écouter comment tu te parles à toi-même. Serait-ce un ton que tu accepterais de quelqu’un d’autre ?

2. Nommer la colère enfouie

Permets-toi de dire : “Je suis en colère”, même si tu ne sais pas encore contre quoi. La colère est une émotion vitale, pas une faute.

3. Distinguer la culpabilité de la responsabilité

Tu peux avoir fait une erreur sans être une mauvaise personne. La culpabilité n’a pas besoin d’être permanente pour faire évoluer.

4. Travailler l’estime de soi

Apprendre à se traiter avec bienveillance, c’est long. Mais c’est possible. Et cela commence souvent par des petits actes : se parler avec douceur, s’autoriser à dire non, demander de l’aide.

5. Se faire accompagner

Une thérapie peut aider à identifier les schémas d’auto-punition, à les comprendre, et à les transformer. Ce n’est pas une faiblesse, mais un acte de réparation.


💬 Témoignages intérieurs

“Je suis plus dur avec moi qu’avec n’importe qui.”
“Je m’interdis de réussir, comme si je ne le méritais pas.”
“Mon vrai combat, ce n’est pas avec les autres. C’est avec moi-même.”


🔚 Conclusion : se libérer de soi… pour revenir à soi

L’agressivité dirigée contre soi est une forme de souffrance silencieuse. Elle enferme dans une logique de punition intérieure qui empêche de s’apaiser, de s’aimer, de se reconstruire.

Mais il est possible de réapprendre à se regarder autrement. De ne plus être son propre bourreau, mais son propre témoin, son propre soutien.

Parce que s’autoriser la douceur, ce n’est pas fuir. C’est choisir de ne plus se faire violence pour survivre — mais d’apprendre, enfin, à vivre.

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