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Il y a eu une pause. Volontaire ou non. Une coupure pour souffler, se soigner, s’occuper d’un proche, déménager, ou simplement faire une pause nécessaire. Mais maintenant que le moment de reprendre approche… une étrange sensation s’installe. La peur de reprendre.

Le retour au travail, à l’école, à un projet, à une activité sportive ou artistique peut devenir une source d’anxiété intense. Plus le temps a passé, plus le redémarrage semble insurmontable. Pourquoi ce simple « retour à la normale » devient-il si difficile ?


Une reprise qui ne coule pas de source

Reprendre ne signifie pas juste continuer où on s’était arrêté. C’est souvent un repositionnement intérieur, un changement d’état, un saut dans l’inconnu. Et ce passage est souvent accompagné de :

  • doutes massifs sur ses capacités,
  • sentiment de décalage avec les autres,
  • peur de ne plus être « à la hauteur »,
  • fatigue psychique anticipée,
  • honte d’avoir été absent·e ou inactif·ve.

Ce retour devient alors une montagne émotionnelle, et certains repoussent, annulent, ou changent totalement de voie par peur de revivre l’activité.


Quelles sont les formes de cette peur ?

• Reprise du travail après un arrêt maladie, un burn-out, un congé parental

On redoute le regard des collègues, le rythme, l’énergie à fournir. On se sent « rouillé·e », fragile, sous pression.

• Retour aux études ou à un projet

Après une interruption, même courte, le doute s’installe : suis-je encore capable ? Ai-je encore envie ? Et si je n’y arrivais plus ?

• Reprise d’un loisir ou d’un sport

On a peur d’avoir perdu en niveau, en motivation, d’être jugé. Le plaisir passé semble lointain, voire inaccessible.

• Relance d’un engagement personnel ou associatif

L’élan est brisé. Comment retrouver du sens, du lien, de l’élan après cette parenthèse ?


Les racines invisibles de la peur de reprendre

• Le perfectionnisme

Reprendre, ce n’est pas repartir de zéro. Et pourtant, beaucoup s’imposent d’être immédiatement au top, comme si la pause n’avait jamais existé. Cela crée une pression étouffante.

• Le syndrome de l’imposteur

« Et si on voyait que je ne suis plus aussi bon·ne ? » La pause a fragilisé l’estime de soi. On doute d’avoir encore sa place, sa légitimité.

• La mémoire du stress passé

Parfois, on a quitté l’activité en état de surmenage ou de malaise. L’idée d’y retourner réactive des souvenirs pénibles, même si les conditions ont changé.

• Une crainte du changement intérieur

La pause a transformé la personne. Reprendre signifie faire cohabiter l’ancien monde et le nouveau moi, ce qui peut provoquer une dissonance.


Ce que dit la psychologie

La peur de reprendre après une pause s’apparente à un syndrome de réintégration. Selon des recherches sur le retour au travail après burn-out ou arrêt prolongé (Nixon et al., 2011), le stress anticipé est souvent supérieur au stress réel, mais il peut suffire à bloquer l’action.

La reprise confronte aussi à une discontinuité identitaire : qui suis-je maintenant, dans ce contexte qui me connaissait autrement ?


Conséquences possibles si on ne dépasse pas cette peur

  • Évitement prolongé, parfois déguisé (changement d’orientation, nouveaux projets),
  • Isolement, pour ne pas avoir à affronter le regard ou les explications,
  • Perte de confiance durable, avec un sentiment d’échec ou d’inadéquation,
  • Auto-sabotage, avec un retour bâclé ou précipité, menant à une nouvelle chute.

Comment reprendre sans se brûler ?

1. Accepter que reprendre, ce n’est pas recommencer

Il y a eu une pause. Il est normal d’avoir besoin de temps, d’adaptation, de réajustement. Ce n’est pas une faiblesse.

2. Faire une reprise progressive si possible

Étalonner l’effort, reprendre quelques heures, quelques jours. Donner au corps et à l’esprit l’espace de réapprendre.

3. Se reconnecter au sens initial

Pourquoi cette activité comptait-elle ? Qu’est-ce qu’elle nourrissait en moi ? Raviver l’intention peut relancer l’élan.

4. Préparer le retour émotionnellement

Visualiser les lieux, les visages, les gestes. Prévoir une personne-ressource, un espace de pause. Anticiper avec bienveillance.

5. Donner de la légitimité à sa pause

Elle a existé. Elle était nécessaire. Elle a eu un sens. Ce n’était pas une fuite, mais une respiration. Cela fait partie de ton histoire.


Quelques questions utiles

  • Qu’est-ce que je redoute vraiment dans cette reprise ?
  • Est-ce que je m’impose d’être immédiatement au même niveau qu’avant ?
  • Est-ce que je peux m’autoriser à y aller doucement, à mon rythme ?
  • De quoi ai-je besoin pour me sentir en sécurité dans ce retour ?

Conclusion : Reprendre, c’est oser une nouvelle version de soi

La peur de reprendre après une pause n’est pas un signe de faiblesse. C’est le reflet d’un changement intérieur, d’un besoin de cohérence, de douceur, de réajustement. Reprendre, ce n’est pas nier la pause, c’est lui donner du sens dans l’après.

Et si tu faisais ce premier pas non pas comme un retour en arrière, mais comme un mouvement vers une version plus consciente, plus alignée, plus libre de toi-même ?

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