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Choisir… et ne jamais s’y résoudre

Choisir un chemin professionnel. Choisir un restaurant. Choisir une tenue.
Parfois, cela peut prendre des heures. Parfois, cela n’arrive jamais.
La peur de prendre des décisions, quand elle devient chronique, peut paralyser tout un quotidien. Elle est épuisante, source de honte, et souvent incomprise.

Certaines personnes vivent un véritable enfer intérieur à l’idée de trancher. Même les choix les plus simples deviennent lourds, source d’angoisse ou d’évitement.

On parle alors de paralysie de l’action, ou de phobie décisionnelle, une forme d’anxiété spécifique, encore peu reconnue mais très fréquente.


Quand la peur de choisir devient un frein à vivre

Cette peur ne se limite pas à l’indécision passagère. Elle devient un trouble quand elle :

  • Génère une souffrance psychique régulière
  • Conduit à remettre en question constamment chaque choix
  • Bloque l’action, y compris dans les domaines essentiels (travail, logement, santé)
  • Provoque des crises d’angoisse à l’idée de faire “le mauvais choix”
  • Entretient une image négative de soi (“je suis incapable”, “je suis trop lent”)

Elle peut toucher tous les profils : adolescents, adultes, personnes hautement performantes comme individus en souffrance chronique.


Ce que vivent les personnes concernées

  • Elles consultent dix fois les mêmes options, sans parvenir à trancher
  • Elles remettent en question des décisions même après les avoir prises
  • Elles demandent sans cesse l’avis des autres, sans se sentir rassurées
  • Elles attendent souvent que le choix soit “forcé” par les circonstances

Cela peut sembler anodin… jusqu’à ce que le choix devienne un monstre intérieur.


Témoignage fictif : Émilie, 31 ans

“Je dois déménager. Cela fait six mois que je visite des appartements. À chaque fois, je trouve des défauts, je doute. Même quand c’est parfait. Je me sens piégée. J’ai l’impression que dès que je vais choisir, je vais perdre quelque chose ou me tromper. Alors je ne choisis pas. Et je souffre.”


Pourquoi est-ce si difficile de choisir ?

🧠 1. L’illusion du bon choix absolu

La peur de se tromper vient souvent d’un besoin de perfection ou de contrôle total.
L’idée qu’il existe un choix parfait, qui éliminerait tout regret, pousse à une quête sans fin.

⏳ 2. Le poids de l’irréversibilité

Certaines décisions semblent engager l’avenir de façon définitive (orientation, rupture, engagement…).
Cela crée un vertige temporel, une peur de ne plus pouvoir revenir en arrière.

🧍‍♀️ 3. La peur du jugement

Faire un choix, c’est s’exposer : aux critiques, aux opinions, à la possibilité d’avoir “mal fait”.
Beaucoup évitent de choisir pour ne pas assumer une erreur visible.

🧩 4. Une faible confiance en ses ressentis

Quand on doute de soi, de son intuition, de sa capacité à ressentir ce qui est bon pour soi, le choix devient une équation abstraite, jamais solvable.


Les impacts invisibles de l’indécision chronique

  • Retard dans les projets de vie
  • Procrastination prolongée
  • Dépendance à l’avis des autres
  • Perte d’opportunités professionnelles ou relationnelles
  • Fatigue mentale, troubles du sommeil
  • Crise de confiance durable

Peut-on s’en sortir ? Oui. Mais il ne faut pas chercher à “décider vite”. Il faut apprendre à faire confiance à sa capacité de décider.


🌱 1. Apprivoiser l’idée qu’il n’existe pas de choix parfait

Chaque choix comporte une part d’inconnu, de perte potentielle… et c’est normal.
Décider, c’est accepter de vivre avec une part de doute.

Dire à soi-même :

“Je fais le meilleur choix possible… avec ce que je sais aujourd’hui.”


🧩 2. Revenir au ressenti, pas seulement à la logique

Certaines personnes analysent tant qu’elles se coupent de ce qu’elles sentent.
Faire silence, écouter son corps, imaginer chaque option vécue intérieurement permet de reconnecter au désir, au confort, au malaise.

Un choix se ressent autant qu’il se pense.


🪜 3. Réduire la quantité d’options

Plus il y a de possibilités, plus la décision devient complexe.
Limiter volontairement le nombre d’alternatives libère de la surcharge cognitive.

Exemple :

“Je choisis entre ces deux formations, et j’élimine toutes les autres de ma réflexion pour le moment.”


✍️ 4. Structurer la prise de décision

  • Lister les critères essentiels
  • Évaluer les conséquences à court et long terme
  • Noter ses émotions à chaque option
  • Choisir un moment dédié à la prise de décision

Créer un cadre ritualisé sécurise.


💬 5. Faire une pause… puis trancher

Donner une durée limitée à l’analyse :

“J’ai 3 jours pour réfléchir. Ensuite, je choisis.”

Ce n’est pas de la précipitation. C’est une rééducation de la capacité à agir.


🤝 6. Travailler en thérapie si le blocage est profond

La phobie de la décision peut être liée à :

  • Un trauma (échec passé, sanction après un choix)
  • Une relation d’enfance où chaque choix était dévalorisé
  • Un trouble anxieux généralisé ou obsessionnel

Les thérapies cognitives, la psychothérapie du lien, ou les approches intégratives aident à débloquer cette peur sans pression.


Ce que l’on gagne à (ré)apprendre à choisir

  • De l’autonomie
  • De la confiance en soi
  • Une meilleure image de soi
  • Une fluidité retrouvée dans la vie quotidienne
  • Et surtout : le droit d’avancer, même imparfaitement

Conclusion : Choisir, c’est aussi se choisir

Décider, ce n’est pas seulement trancher entre A et B.
C’est dire à soi-même :

“Je m’accorde le droit de bouger, d’exister, de construire.”

Et même si la peur est là, même si le doute persiste, on peut apprendre à choisir avec bienveillance — en acceptant que parfois, ce n’est pas le choix parfait… mais le bon pour maintenant.

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