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Ils sont nombreux à la connaître : ce nœud au ventre avant d’entrer dans une salle d’examen, cette gorge sèche avant un entretien décisif. Pour certains, ces situations provoquent un stress ponctuel. Pour d’autres, elles deviennent de véritables phobies, capables de bloquer l’élan, d’entraver les projets, voire de faire renoncer. La peur de passer un examen ou un entretien est une manifestation fréquente de l’anxiété de performance, et peut aller jusqu’à paralyser les fonctions cognitives, même chez des individus très compétents.


Une peur qui dépasse le simple trac

Un peu de stress avant un événement important est naturel. Il peut même stimuler la concentration et la vigilance. Mais lorsque l’anxiété devient trop intense ou chronique, elle altère les capacités de raisonnement, crée des blancs, empêche de se concentrer, ou fait perdre ses moyens.

Cette peur peut se manifester par :

  • Une panique à l’approche d’une date d’examen ou d’entretien
  • L’évitement systématique de ces situations (abandon, procrastination)
  • Une auto-dévalorisation marquée (“je suis nul·le”, “je vais tout rater”)
  • Des symptômes physiques : palpitations, sueurs, nausées, tremblements
  • Des troubles du sommeil, irritabilité ou crises de larmes avant l’événement

Des profils variés, une souffrance commune

La peur de l’évaluation ne concerne pas uniquement les personnes en difficulté. Bien au contraire, les élèves brillants, les candidats compétents ou les personnes exigeantes envers elles-mêmes y sont fréquemment sujets.

On retrouve souvent chez les personnes concernées :

  • Une pression intérieure forte de réussite
  • La peur de décevoir autrui ou de ne pas être à la hauteur
  • Un perfectionnisme rigide
  • Une image de soi fragile, dépendante de la validation externe
  • Des expériences d’échec marquantes non digérées

Une racine dans l’anxiété sociale et l’estime de soi

Au cœur de cette phobie, on retrouve souvent la peur d’être jugé, évalué, critiqué. L’entretien ou l’examen devient une mise en scène de la valeur personnelle.

Les pensées automatiques peuvent ressembler à :

  • “Je vais me ridiculiser”
  • “Ils vont voir que je ne suis pas à la hauteur”
  • “Tout va dépendre de cette épreuve”
  • “Je vais décevoir mes parents, mon employeur, mes professeurs”

Cette anticipation catastrophique crée un état de tension qui perturbe la mémoire de travail, les fonctions exécutives et la fluidité verbale, autant d’éléments cruciaux dans ces contextes.


Les conséquences : bien au-delà de l’instant

Lorsque la peur devient chronique, elle peut avoir des répercussions sérieuses :

  • Abandon d’études ou d’opportunités professionnelles
  • Évitement des promotions ou des reconversions
  • Auto-sabotage (ne pas se préparer, arriver en retard, fuir)
  • Dégradation de l’estime de soi
  • Isolement et sentiment d’infériorité

Dans les cas les plus marqués, cela peut entraîner une phobie scolaire, une dépression masquée ou des troubles psychosomatiques.


Comment sortir de la spirale ?

Il est possible de transformer cette peur en un moteur mobilisateur, à condition d’en comprendre les mécanismes et de s’autoriser des pas progressifs.

🧠 1. Repenser la notion d’échec

L’échec n’est pas une preuve d’incompétence, mais une donnée d’apprentissage. Revoir son rapport à la réussite et à la perfection est fondamental.

🗣️ 2. Identifier les croyances paralysantes

“Je n’ai pas droit à l’erreur”, “Tout le monde va mieux réussir que moi”, “Je suis nul·le en oral”… Ces pensées doivent être remises en question, confrontées à la réalité.

🧘 3. Apprendre à réguler l’activation physiologique

La cohérence cardiaque, la respiration ventrale ou la pleine conscience sont des outils puissants pour ramener le calme avant et pendant l’épreuve.

🎭 4. S’exposer de manière graduée

Simuler un entretien avec une personne bienveillante, passer des oraux blancs, créer des mini-challenges (exposer un point de vue à voix haute en réunion)… chaque petite victoire renforce la sécurité intérieure.

🤝 5. Se faire accompagner si besoin

Une thérapie cognitive et comportementale (TCC) peut aider à travailler en profondeur sur la peur d’être jugé, à déconstruire les schémas rigides et à restaurer la confiance.


Ce qu’on oublie trop souvent…

Passer un examen ou un entretien n’est pas une mesure de valeur personnelle. C’est une rencontre, un moment, parfois aléatoire, souvent influencé par mille facteurs extérieurs.

Se libérer de cette peur, c’est se donner la permission d’essayer, de rater, de recommencer, d’être imparfait… et d’apprendre.

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