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Pourquoi est-ce si difficile de se lancer, même lorsqu’on en a envie ? Pourquoi cette page blanche ou cette idée brillante reste-t-elle enfouie, alors qu’elle pourrait changer notre quotidien, notre carrière ou simplement notre humeur du jour ? La peur de commencer un projet est un phénomène bien plus courant qu’on ne le pense. Parfois confondu avec la paresse ou la procrastination ordinaire, il cache souvent un mécanisme anxieux profond, où s’entremêlent perfectionnisme, peur de l’échec, sentiment d’imposture… et paradoxalement, parfois même peur de réussir.


Un blocage à l’allure anodine

Difficile d’expliquer pourquoi on laisse traîner l’idée de lancer ce roman, ce blog, cette reconversion ou même ce simple rangement. Le projet est là, l’envie aussi, mais le pas n’est jamais franchi.

Ce moment d’inertie mentale n’est pas seulement un manque de motivation. Il reflète un conflit intérieur entre l’élan créatif ou actif, et une angoisse d’agir souvent inconsciente.

Parmi les signes fréquents :

  • On fait des listes, mais on ne coche rien.
  • On en parle beaucoup, sans jamais s’y mettre.
  • On attend « le bon moment ».
  • On cherche sans fin le bon matériel ou le bon outil.
  • On se dit qu’on n’est pas prêt.

D’où vient cette peur de commencer ?

Plusieurs sources psychologiques peuvent être identifiées :

• Le perfectionnisme anticipatoire

C’est le grand classique. On veut bien faire, trop bien faire, et du coup, on ne fait rien. Le projet doit être parfait dès le début. On redoute de rater ou d’être médiocre. Ce biais bloque tout élan.

• La peur du jugement

Commencer un projet, c’est s’exposer. Même s’il n’est pas encore visible par les autres, on imagine déjà leur regard. La peur du ridicule, de l’incompréhension ou de l’échec social inhibe l’action.

• Le syndrome de l’imposteur

Très courant chez les profils sensibles, créatifs ou hautement qualifiés. On se dit qu’on n’est pas légitime. Que ce n’est pas pour nous. Qu’on « fait semblant ».

• L’héritage scolaire ou éducatif

Certains ont intégré que l’erreur est grave, que toute tentative mal aboutie est une honte. Cette empreinte éducative empêche de commencer « en mode brouillon », pourtant nécessaire à toute création.

• L’anxiété diffuse

Chez les personnes anxieuses, tout projet peut devenir une source de stress disproportionné. Le simple fait d’imaginer l’effort, la planification, ou l’inconnu à venir suffit à générer un évitement.


Quand cette peur devient-elle une phobie de l’activité ?

On parle de phobie de l’activité quand la peur de démarrer devient chronique, handicapante et disproportionnée au vu des enjeux réels. Elle peut concerner :

  • Le lancement d’un projet créatif (écriture, peinture, musique…)
  • Une démarche professionnelle (CV, candidature, appel)
  • Un geste quotidien (rangement, réparation, appel)
  • Un projet personnel (déménagement, sport, changement)

Le paradoxe ? Plus on évite, plus la tâche prend de l’ampleur dans notre esprit, et plus il devient difficile d’agir. C’est un cercle vicieux de renoncement et de frustration.


Ce que dit la science

Selon la psychologie cognitive, l’évitement comportemental est une réponse naturelle au stress anticipé. Lorsqu’un cerveau associe une action à une menace (jugement, échec, surcharge…), il déclenche un mécanisme protecteur : le retrait.

Des études sur la procrastination (Sirois & Pychyl, 2013) montrent qu’elle n’est pas liée à la gestion du temps mais aux émotions négatives liées à la tâche. Commencer un projet devient alors un acte de régulation émotionnelle plus qu’un choix rationnel.


Comment dépasser cette peur de commencer ?

Voici des stratégies concrètes pour apprivoiser le premier pas :

1. Redéfinir la réussite

Plutôt que viser un résultat final parfait, vise une première ébauche, un test, un brouillon. Le fait de produire « quelque chose » suffit.

2. Agir symboliquement

Un petit geste suffit parfois à briser le blocage : ouvrir le cahier, créer le dossier, acheter un stylo. L’action concrète amorce une dynamique mentale.

3. Fractionner le démarrage

Plutôt que « commencer le projet », commence par 5 minutes. Ou par écrire un titre. Ou par chercher une idée. Morceler l’action rend l’anxiété plus digeste.

4. Créer un cadre ritualisé

Commencer toujours à la même heure, avec un thé ou une musique, dans un endroit précis. Le cerveau adore les rituels : ils diminuent l’appréhension.

5. S’autoriser à rater

Faire un contrat avec soi-même : « Je commence, même si c’est nul. » L’autorisation d’être imparfait libère l’énergie de l’élan.

6. Repérer les pensées pièges

Note les pensées bloquantes (ex. : « je ne suis pas assez bon », « ça ne sert à rien ») et confronte-les. Sont-elles vraies ? Sont-elles utiles ?


Et si cette peur persistait malgré tout ?

Il peut être pertinent de consulter un professionnel de la santé mentale si ce blocage :

  • empêche durablement des projets importants,
  • s’accompagne d’anxiété généralisée,
  • provoque isolement, culpabilité ou perte d’estime de soi.

Des approches comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la pleine conscience ou les approches humanistes peuvent aider à débloquer les mécanismes d’évitement.


Conclusion : Et si commencer était déjà réussir ?

La peur de commencer est souvent une peur de soi-même : peur d’échouer, de décevoir, de changer, de se révéler. Mais c’est aussi un puissant signal de désir, d’envie, de vie.

En apprenant à l’écouter sans lui obéir, à l’apprivoiser plutôt qu’à la fuir, on découvre que le premier pas n’a pas besoin d’être parfait : il a juste besoin d’exister.

Et toi, quel serait ce premier petit pas que tu pourrais faire aujourd’hui ?

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