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L’environnement sonore dans lequel nous évoluons est souvent complexe et saturé de stimuli auditifs. Pourtant, le cerveau est capable de faire le tri entre les sons pertinents (par exemple, une conversation) et les sons parasites (bruit de fond, échos, bourdonnements). Cette capacité à focaliser l’attention auditive est appelée le filtrage auditif.

Le filtrage auditif repose sur un traitement actif de l’information dans le cortex auditif, le thalamus et le tronc cérébral. Le cerveau analyse en temps réel la fréquence, l’intensité et la localisation des sons pour sélectionner les signaux pertinents. Cette capacité est essentielle pour suivre une conversation dans un environnement bruyant ou pour se concentrer dans un lieu animé.

Cet article explore le fonctionnement du filtrage auditif, les structures cérébrales impliquées et les mécanismes de l’attention sélective.


Le fonctionnement du filtrage auditif

Le filtrage auditif repose sur une série de processus précis qui permettent au cerveau de différencier les sons pertinents des sons parasites :


1. Sélection des signaux auditifs dans le tronc cérébral

  • Les sons captés par les deux oreilles sont transmis au noyau cochléaire dans le tronc cérébral.
  • Les sons sont ensuite traités par le complexe olivaire supérieur, qui compare :
    ✔️ L’intensité du son dans chaque oreille.
    ✔️ Le délai d’arrivée du son dans chaque oreille.
  • Les sons correspondant à une source localisée sont amplifiés, tandis que les sons parasites sont inhibés.

👉 Exemple : Lors d’un concert, le cerveau amplifie le son des instruments les plus proches et réduit le bruit ambiant.


2. Traitement dans le colliculus inférieur

  • Les signaux sont envoyés au colliculus inférieur, qui détecte les variations de fréquence et d’intensité.
  • Le colliculus inférieur établit une hiérarchie des sons en fonction de leur intensité et de leur fréquence.
  • Les sons répétitifs ou peu informatifs sont automatiquement atténués.

👉 Exemple : Lors d’une conversation dans une salle bruyante, le cerveau ignore le bruit de fond répétitif (ventilation, voix lointaines).


3. Filtrage par le thalamus

  • Les signaux sont transmis au corps genouillé médian du thalamus.
  • Le thalamus agit comme un « portier » sensoriel :
    ✔️ Les sons jugés pertinents sont transmis au cortex auditif.
    ✔️ Les sons jugés parasites sont bloqués.
  • Le thalamus adapte également la sensibilité au bruit en fonction de l’état émotionnel (stress, fatigue).

👉 Exemple : Lors d’un état de stress, le thalamus augmente la sensibilité aux sons forts et soudains.


4. Traitement final dans le cortex auditif

  • Les sons sont transmis au cortex auditif primaire (aire de Heschl) dans le lobe temporal.
  • Le cortex auditif est organisé de manière tonotopique :
    ✔️ Les sons aigus sont traités à la base du cortex.
    ✔️ Les sons graves sont traités au sommet du cortex.
  • Le cortex auditif analyse :
    ✔️ La fréquence (aiguë ou grave).
    ✔️ L’intensité (fort ou faible).
    ✔️ Le motif sonore (voix, bruit mécanique, musique).
  • Les sons pertinents sont maintenus en mémoire active grâce à la coopération avec le cortex préfrontal.

👉 Exemple : Le cortex auditif permet de distinguer la voix d’un interlocuteur dans un café bruyant.


5. Rôle de l’attention sélective

  • Le cortex préfrontal joue un rôle clé dans la sélection des sons pertinents.
  • Les connexions entre le cortex auditif et le cortex préfrontal permettent de maintenir l’attention sur un son spécifique.
  • Les sons inattendus ou menaçants activent rapidement l’amygdale (réaction de vigilance).

👉 Exemple : Si une personne appelle votre nom dans une foule, le cortex préfrontal réoriente immédiatement l’attention vers ce son.


Mécanismes neuronaux du filtrage auditif

1. Réseau d’attention ascendante

  • Le réseau d’attention ascendante est basé sur le colliculus inférieur et le thalamus.
  • Il permet de capter automatiquement les sons forts ou inhabituels.
    👉 Exemple : Une sirène déclenche automatiquement une réponse d’alerte.

2. Réseau d’attention descendante

  • Le réseau d’attention descendante est basé sur le cortex préfrontal et le cortex auditif.
  • Il permet de focaliser consciemment l’attention sur une source sonore.
    👉 Exemple : Une personne concentre son attention sur la voix d’un interlocuteur dans une salle bruyante.

3. Inhibition active des sons parasites

  • Le thalamus inhibe activement les sons jugés non pertinents.
  • Le cortex auditif réduit la sensibilité à certaines fréquences répétitives.
    👉 Exemple : Après quelques minutes dans une pièce bruyante, le cerveau « efface » le bruit de fond.

Facteurs influençant le filtrage auditif

1. L’âge

  • La capacité à filtrer le bruit diminue avec l’âge en raison de la perte des cellules ciliées dans la cochlée.
    👉 Exemple : Les personnes âgées ont plus de mal à suivre une conversation dans un environnement bruyant.

2. La fatigue mentale

  • Une fatigue cognitive diminue l’efficacité du cortex préfrontal dans la sélection des sons pertinents.
    👉 Exemple : Après une longue journée, il devient difficile de se concentrer dans une pièce bruyante.

3. Le stress

  • Le stress augmente la sensibilité au bruit en augmentant l’activité de l’amygdale.
    👉 Exemple : Une personne stressée est plus sensible aux sons aigus et soudains.

Troubles du filtrage auditif

1. Trouble de l’attention auditive

  • Difficulté à maintenir l’attention sur un son spécifique en présence de bruits parasites.
    👉 Exemple : Une personne atteinte de TDAH a du mal à suivre une conversation dans un lieu public.

2. Trouble du traitement auditif (TTA)

  • Difficulté à filtrer le bruit de fond malgré une audition normale.
    👉 Exemple : Une personne atteinte de TTA peut entendre une voix mais avoir du mal à la comprendre dans une pièce bruyante.

3. Hypersensibilité auditive

  • Sensibilité excessive aux sons forts ou répétitifs.
    👉 Exemple : Les personnes autistes sont souvent sensibles au bruit ambiant.

Améliorer le filtrage auditif

✔️ Entraînement à l’attention auditive → Travailler la capacité à maintenir la concentration dans le bruit.
✔️ Utilisation de bruits blancs → Masquer les sons parasites pour faciliter la concentration.
✔️ Thérapies sonores → Entraîner le cortex auditif à détecter les sons pertinents.
✔️ Exercices de mémoire auditive → Améliorer la capacité du cortex préfrontal à maintenir une attention sélective.


Conclusion

Le filtrage auditif est un processus complexe qui repose sur une coopération entre le tronc cérébral, le thalamus, le cortex auditif et le cortex préfrontal. Grâce à cette capacité, le cerveau est capable de focaliser l’attention sur une source sonore spécifique, même dans un environnement bruyant. Lorsqu’elle est altérée, une thérapie sonore et une stimulation auditive ciblée permettent d’améliorer la capacité de filtrage des sons parasites.

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