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La capacité à localiser un son est essentielle pour l’orientation dans l’espace et la survie. Lorsque nous entendons un bruit, le cerveau est capable de déterminer avec une grande précision d’où il provient, même dans un environnement complexe.

Ce processus repose sur une série de calculs complexes dans le système auditif, qui compare les différences de temps, d’intensité et de fréquence entre les signaux captés par chaque oreille. Le traitement de ces informations permet de localiser un son dans l’espace tridimensionnel.

Cet article explore le fonctionnement du cerveau dans la localisation des sons, les structures cérébrales impliquées et les troubles pouvant perturber cette capacité.


Le fonctionnement du système de localisation des sons

La localisation des sons repose sur plusieurs mécanismes précis qui permettent au cerveau de détecter l’origine d’un son en fonction de sa direction et de sa distance :


1. Localisation horizontale (différence de temps interaural – ITD)

  • Le cerveau compare le temps d’arrivée du son dans chaque oreille :
    ✔️ Si le son atteint l’oreille droite en premier, il provient de la droite.
    ✔️ Si le son atteint les deux oreilles simultanément, il provient de face.
  • La différence de temps est détectée par le complexe olivaire supérieur médial dans le tronc cérébral.
  • La précision de ce mécanisme est de l’ordre de 10 à 20 microsecondes.

👉 Exemple : Si une personne vous appelle à votre gauche, le son atteindra votre oreille gauche avant votre oreille droite, permettant au cerveau de localiser la source sonore.


2. Localisation horizontale (différence d’intensité interaurale – IID)

  • Les sons aigus (à haute fréquence) sont plus facilement absorbés par la tête.
  • Si un son aigu provient de la droite :
    ✔️ L’oreille droite recevra une intensité plus forte.
    ✔️ L’oreille gauche percevra une intensité plus faible.
  • Cette différence d’intensité est traitée par le complexe olivaire supérieur latéral.

👉 Exemple : Une alarme stridente sera perçue comme plus forte dans l’oreille la plus proche de la source sonore.


3. Localisation verticale (indices spectraux)

  • Les sons sont réfléchis et filtrés par le pavillon de l’oreille externe.
  • Les plis du pavillon modifient le spectre du son en fonction de son origine verticale (au-dessus ou en dessous).
  • Ce traitement est effectué par le noyau cochléaire dorsal.

👉 Exemple : Si un oiseau chante au-dessus de votre tête, le pavillon de l’oreille module le spectre sonore, permettant au cerveau d’identifier la position verticale du son.


4. Évaluation de la distance (atténuation et réflexion des sons)

  • Les sons proches sont perçus comme :
    ✔️ Plus forts.
    ✔️ Plus riches en fréquences aiguës.
  • Les sons lointains sont perçus comme :
    ✔️ Plus faibles.
    ✔️ Plus riches en fréquences graves (perte d’aigus par absorption).
  • Les réflexions du son sur les murs et le sol fournissent des indices spatiaux supplémentaires.

👉 Exemple : La voix d’une personne située dans une grande pièce semble plus résonnante et plus grave.


5. Traitement dans le colliculus inférieur et le cortex auditif

  • Les signaux sont envoyés au colliculus inférieur, qui combine :
    ✔️ Les indices de temps.
    ✔️ Les indices d’intensité.
    ✔️ Les indices spectraux.
  • Les signaux sont ensuite dirigés vers le cortex auditif primaire (lobe temporal).
  • Le cortex auditif secondaire permet de localiser une source sonore dans un espace tridimensionnel.

👉 Exemple : Si vous entendez une voiture arriver, le cortex auditif vous permet de détecter qu’elle s’approche de votre droite.


Mécanismes neuronaux de la localisation auditive

1. Codage neuronal des indices temporels

  • Les neurones du complexe olivaire supérieur médial sont sensibles à la différence de temps interaurale.
  • Chaque neurone est spécialisé dans une gamme spécifique de fréquences et de délais.

👉 Exemple : Les sons graves sont mieux localisés par les indices temporels.


2. Codage neuronal des indices d’intensité

  • Les neurones du complexe olivaire supérieur latéral sont spécialisés dans le traitement des différences d’intensité.
  • Les neurones sont organisés de manière tonotopique (par fréquence).

👉 Exemple : Les sons aigus sont mieux localisés par les indices d’intensité.


3. Plasticité du système auditif

  • Le cortex auditif est capable de s’adapter aux environnements sonores nouveaux.
  • La plasticité permet d’améliorer la capacité de localisation après une perte auditive partielle.

👉 Exemple : Une personne qui perd l’ouïe dans une oreille développe une capacité accrue à analyser les différences d’intensité dans l’oreille restante.


Facteurs influençant la localisation des sons

1. La fréquence du son

  • Les sons graves sont mieux localisés par les indices de temps.
  • Les sons aigus sont mieux localisés par les indices d’intensité.

2. L’environnement

  • Les sons sont mieux localisés dans une pièce calme.
  • Les environnements bruyants réduisent la précision de la localisation.

👉 Exemple : Il est plus difficile de localiser une conversation dans une pièce bruyante.


3. L’âge

  • La capacité à localiser les sons diminue avec l’âge en raison de la perte des cellules ciliées dans la cochlée.
    👉 Exemple : Les personnes âgées ont plus de mal à localiser une sonnerie de téléphone.

Troubles du traitement de la localisation sonore

1. Surdité unilatérale

  • Une perte auditive dans une seule oreille entraîne une perte des indices interauraux.
    👉 Exemple : Une personne sourde de l’oreille gauche aura du mal à localiser un son provenant de la gauche.

2. Troubles du traitement auditif central (TTA)

  • Difficulté à traiter et à localiser les sons malgré une audition normale.
    👉 Exemple : Une personne atteinte de TTA aura du mal à suivre une conversation dans un environnement bruyant.

3. Syndrome de la cochlée morte

  • Perte des cellules ciliées dans une partie spécifique de la cochlée.
    👉 Exemple : Une personne atteinte de ce syndrome peut entendre certains sons mais pas les localiser.

Améliorer la localisation des sons

✔️ Exercices d’écoute active → Pratiquer la détection des sons dans un environnement calme.
✔️ Entraînement de la discrimination sonore → Travailler la capacité à différencier les fréquences.
✔️ Utilisation de prothèses auditives directionnelles → Améliorer la capacité à capter les différences d’intensité.
✔️ Rééducation du cortex auditif → Améliorer la plasticité du système auditif.


Conclusion

La localisation des sons est un processus complexe basé sur la comparaison des indices temporels, d’intensité et spectraux. Grâce à la coopération entre le système auditif périphérique, le tronc cérébral et le cortex auditif, le cerveau est capable de déterminer avec une grande précision l’origine d’un son dans l’espace. Lorsqu’elle est altérée, une stimulation ciblée et une rééducation sensorielle permettent de restaurer partiellement cette capacité.

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