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“Franchement, s’il voulait vraiment s’en sortir, il arrêterait.”
“Il faut juste qu’il prenne sa vie en main.”
“Il n’a aucune volonté.”

Ces phrases, on les entend encore trop souvent. Derrière elles, une idée aussi ancienne que fausse : que l’addiction serait une question de choix, de force mentale, de caractère. Et si la personne n’arrête pas, c’est qu’elle ne le veut pas vraiment.

Ce discours, pourtant très répandu, est à la fois injuste, inefficace et destructeur. Car il ignore ce que la psychologie, la neuroscience et l’accompagnement des dépendances nous apprennent depuis des années : la volonté ne suffit pas.


🧠 L’addiction n’est pas une faiblesse de caractère

L’addiction est une modification profonde du fonctionnement cérébral :

  • Le circuit de la récompense est déréglé
  • Le cortex préfrontal (celui qui contrôle, planifie, décide) est affaibli
  • La mémoire émotionnelle est suractivée
  • Le stress et les émotions intenses déclenchent une compulsion immédiate

👉 Ce n’est pas que la personne “ne veut pas”. C’est que son cerveau, son corps et ses émotions ne répondent plus de façon “logique”.


🧩 La volonté existe… mais elle est piégée

Une personne dépendante peut vouloir arrêter :

  • Le matin
  • En pleine nuit d’angoisse
  • Après une crise
  • Lorsqu’elle regarde ses enfants, ses proches

Mais au moment de la tentation, de l’émotion trop forte, de la solitude :

  • La volonté s’effondre
  • L’envie de consommer devient irrépressible
  • La rationalité est court-circuitée

C’est ce qu’on appelle une compulsion. Ce n’est pas un “choix conscient”, mais une urgence intérieure, qui dépasse la logique.


🛑 Les dégâts du discours sur la volonté

❌ Il culpabilise

“Si je n’y arrive pas, c’est que je suis nul.”

❌ Il isole

“Personne ne comprend. Je préfère ne rien dire.”

❌ Il décourage

“Puisque j’ai pas de volonté, autant tout laisser tomber.”

Ce discours renforce l’addiction, au lieu d’aider à en sortir.


💡 Et pourtant… la volonté a sa place

Mais pas comme on l’imagine. La volonté n’est pas une baguette magique. Elle peut :

  • Aider à faire le premier pas
  • S’ancrer dans un cadre sécurisant
  • Être soutenue par une équipe
  • Grandir avec les réussites, petites ou grandes

Mais elle ne peut pas tout porter seule. Elle a besoin :

  • D’une stratégie
  • D’un environnement adapté
  • De temps
  • D’outils psychologiques, médicaux, relationnels

🧭 Changer, ce n’est pas “juste arrêter”

Changer, c’est :

  • Comprendre ce que l’addiction apporte
  • Trouver d’autres réponses à ses besoins
  • Apprendre à accueillir ses émotions autrement
  • Reconstruire l’estime de soi
  • S’autoriser à échouer sans abandonner

Cela demande plus qu’un effort ponctuel. Cela demande un parcours.


💬 Témoignages de personnes concernées

“Je voulais arrêter. Mais je ne savais pas vivre autrement.”
“J’avais de la volonté. Mais seule, elle ne suffisait pas.”
“Ce n’est pas que je ne voulais pas. C’est que j’étais fatigué, perdu, seul.”

Ces voix racontent une réalité complexe, bien plus humaine que les clichés.


👥 Ce que l’entourage peut changer

Au lieu de dire :

  • “Bouge-toi.”
  • “Arrête, c’est facile.”
  • “Tu pourrais si tu voulais.”

On peut dire :

  • “Tu as sûrement déjà essayé. Tu veux qu’on en parle ?”
  • “Et si tu n’étais pas seul pour le faire ?”
  • “Je crois en toi, mais je sais que c’est dur.”

Ces mots ouvrent des portes, au lieu de les fermer.


🔚 Conclusion : la volonté est un levier, pas une solution

Oui, il faut du courage pour changer. Mais non, le courage ne suffit pas. Ce qu’il faut, c’est :

  • De l’aide
  • Du soutien
  • Du soin
  • Du temps
  • De la compréhension

Et parfois, juste une personne qui ne vous réduit pas à votre volonté.

Parce que le vrai changement commence souvent quand on n’est plus obligé de prouver sa force.

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