Le modèle SPI (Sériel, Parallèle, Indépendant) a été proposé par Endel Tulving en 1995 pour expliquer le fonctionnement de la mémoire humaine. Ce modèle met en lumière la manière dont l’information est :
✅ Encodée → Captée et traitée lors de la perception.
✅ Stockée → Conservée dans le système mnésique.
✅ Récupérée → Restituée lors d’une tâche cognitive ou d’un rappel.
Le modèle SPI postule que ces trois processus sont organisés de manière sérielle, parallèle et indépendante :
- L’encodage se produit de manière sérielle (dans un ordre précis).
- Le stockage est effectué de manière parallèle (dans plusieurs systèmes de mémoire en même temps).
- La récupération est indépendante → La récupération d’un type de mémoire n’affecte pas nécessairement les autres types de mémoire.
Ce modèle cherche à expliquer pourquoi certains souvenirs sont facilement récupérés tandis que d’autres sont plus difficiles d’accès. Il s’appuie également sur la distinction entre les différentes formes de mémoire (épisodique, sémantique, procédurale).
🧠 1. La structure du modèle SPI
🏆 1.1. Encodage : un processus séquentiel
L’encodage se fait de manière séquentielle, c’est-à-dire dans un ordre précis :
- La mémoire épisodique encode d’abord l’information en créant une trace temporelle et contextuelle.
- L’information est ensuite transformée en connaissances générales et intégrée à la mémoire sémantique.
- Certaines compétences procédurales ou réflexes sont également encodés dans la mémoire procédurale.
➡️ Exemple :
- Vous assistez à une conférence (mémoire épisodique).
- Vous retenez le contenu général du discours (mémoire sémantique).
- Vous associez automatiquement un geste du conférencier à une idée clé (mémoire procédurale).
🗂️ 1.2. Stockage : un processus parallèle
Le stockage des informations se produit de manière parallèle :
✔️ Les informations épisodiques sont stockées dans le lobe temporal.
✔️ Les informations sémantiques sont stockées dans le cortex associatif.
✔️ Les habiletés procédurales sont stockées dans les ganglions de la base et le cervelet.
➡️ Exemple :
Après une journée de formation, vous pouvez :
- Vous rappeler des détails spécifiques de la conférence (mémoire épisodique).
- Retenir la définition de termes techniques (mémoire sémantique).
- Apprendre une nouvelle posture de yoga par la pratique (mémoire procédurale).
🔄 1.3. Récupération : un processus indépendant
La récupération se produit de manière indépendante :
✔️ La mémoire épisodique peut être récupérée seule (souvenir d’un événement précis).
✔️ La mémoire sémantique peut être récupérée indépendamment (définition d’un terme).
✔️ La mémoire procédurale peut être sollicitée automatiquement (faire du vélo).
➡️ Exemple :
Vous pouvez vous souvenir du jour où vous avez appris le mot synapse (mémoire épisodique), expliquer sa définition (mémoire sémantique) et écrire le mot correctement sans y penser (mémoire procédurale).
🔍 2. Les types de mémoire dans le modèle SPI
🧠 2.1. Mémoire épisodique
La mémoire épisodique conserve les souvenirs liés à des événements spécifiques :
✔️ Contexte temporel et spatial.
✔️ Forte composante émotionnelle.
✔️ Stockage temporaire dans l’hippocampe.
➡️ Exemple : Se souvenir de votre dernier anniversaire.
📚 2.2. Mémoire sémantique
La mémoire sémantique stocke des connaissances générales sur le monde :
✔️ Décontextualisée (indépendante du lieu ou du moment d’apprentissage).
✔️ Organisation hiérarchique sous forme de réseau.
✔️ Stockage dans le cortex associatif.
➡️ Exemple : Savoir que la Terre tourne autour du Soleil.
🏃 2.3. Mémoire procédurale
La mémoire procédurale encode les compétences motrices et les habitudes :
✔️ Stockage implicite (inconscient).
✔️ Exécution automatique après apprentissage.
✔️ Stockage dans les ganglions de la base et le cervelet.
➡️ Exemple : Faire du vélo sans y réfléchir.
🔄 3. Les interactions dans le modèle SPI
🔎 3.1. Récupération indépendante
Un souvenir épisodique peut être récupéré sans récupérer l’information sémantique associée.
➡️ Exemple : Se souvenir d’une conversation sans se souvenir de la définition d’un mot utilisé.
🌐 3.2. Double dissociation
Une personne peut avoir une mémoire épisodique intacte mais une mémoire sémantique défaillante (et inversement).
➡️ Exemple : Une personne atteinte d’amnésie peut se souvenir de la définition d’un mot sans se rappeler de l’avoir appris.
🏅 3.3. Influence de la mémoire procédurale sur la mémoire épisodique
L’apprentissage d’une compétence motrice peut renforcer la récupération d’un souvenir associé.
➡️ Exemple : Apprendre à nager renforce le souvenir du premier cours de natation.
🌟 4. Forces et limites du modèle SPI
✅ Forces :
✔️ Modèle intégratif → Explique la complémentarité des différents systèmes de mémoire.
✔️ Précision → Sépare clairement encodage, stockage et récupération.
✔️ Support expérimental → Confirmé par des études en neuropsychologie.
❌ Limites :
- Trop rigide → La séparation entre mémoire épisodique et sémantique est parfois floue.
- La récupération est parfois influencée par l’encodage → Une récupération complète peut nécessiter des indices contextuels.
🚨 5. Troubles liés au modèle SPI
🚫 5.1. Syndrome de Korsakoff
✔️ Dégradation de la mémoire épisodique, mais mémoire sémantique préservée.
🚫 5.2. Amnésie rétrograde
✔️ Perte de la mémoire épisodique mais mémoire sémantique intacte.
🚫 5.3. Maladie d’Alzheimer
✔️ Perte progressive de la mémoire épisodique, puis sémantique.
✅ Conclusion
Le modèle SPI de Tulving permet de comprendre comment l’information est encodée, stockée et récupérée dans le cerveau humain. Il explique également pourquoi certains souvenirs sont récupérés plus facilement que d’autres. Bien qu’il ait été complété par d’autres théories, le modèle SPI reste une référence clé en psychologie cognitive.
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