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Pourquoi certaines personnes cherchent-elles à multiplier les expériences sexuelles, sans y trouver de réel apaisement ?
Pourquoi un comportement sexuel devient-il parfois compulsif, irrépressible, ou dissocié du plaisir véritable ?

Dans de nombreux cas, une sexualité excessive n’est pas liée à une hyper-libido… mais à une réponse psychique à une blessure ancienne.
Un traumatisme — parfois clairement identifié, parfois enfoui — peut marquer durablement le rapport au corps, au désir, à l’intimité.

Comprendre ce lien, c’est offrir un espace de réparation à celles et ceux qui vivent cette réalité souvent silencieuse.


Comment un traumatisme peut-il influencer la sexualité ?

Un traumatisme affecte le corps, le système nerveux, et le schéma relationnel.
Lorsqu’il n’est pas digéré, il peut laisser des traces qui se rejouent inconsciemment, notamment dans la sphère sexuelle.

Le sexe devient alors :

  • Un moyen de se sentir vivant·e, face à une anesthésie émotionnelle
  • Un outil de contrôle, dans un monde perçu comme menaçant
  • Un moyen de revivre la scène pour mieux en maîtriser l’issue
  • Un mode d’auto-punition ou de validation extérieure

Ce n’est pas un choix. C’est un mécanisme de survie.


Types de traumatismes souvent en cause

  • Traumatismes sexuels directs (abus, agressions, violences)
  • Traumatismes affectifs (abandon, rejet, dévalorisation constante)
  • Violences psychologiques ou physiques dans l’enfance
  • Climat familial instable ou insécure
  • Intrusion ou absence de repères autour de la pudeur et du corps

Même si ces événements semblent lointains, le corps n’oublie pas. Et parfois, c’est dans la sexualité qu’il rejoue ses douleurs.


Signes d’une sexualité influencée par un trauma

  • Recherche compulsive de partenaires, sans lien émotionnel
  • Dissociation pendant l’acte (ne pas ressentir, “être ailleurs”)
  • Difficulté à vivre une sexualité lente, affective, vulnérable
  • Sentiment de honte ou de confusion après les rapports
  • Impression de ne pas pouvoir s’arrêter malgré la souffrance
  • Rapport conflictuel au plaisir (culpabilité, auto-sabotage)

Ces comportements ne sont pas des fautes. Ce sont des tentatives de réparation, souvent inconscientes.


Pourquoi c’est si difficile à identifier

Parce que :

  • Le traumatisme peut être refoulé ou banalisé
  • La société valorise l’hypersexualité, surtout chez les hommes
  • Les femmes peuvent être sexualisées très tôt, ce qui normalise certains comportements
  • L’intimité est rarement un sujet de parole libre
  • On confond souvent “désir” et “répétition d’un schéma douloureux”

Que faire lorsqu’on se sent concerné·e ?

1. Se rappeler que ce n’est pas une identité, mais une réponse
→ Vous n’êtes pas “ab abîmé·e”, vous vous adaptez à une blessure.

2. Explorer son histoire avec douceur
→ Quand ces comportements ont-ils commencé ?
→ Que cherchiez-vous à éviter, à ressentir, à retrouver ?

3. Se reconnecter au corps comme lieu de sécurité, non d’urgence
→ Pratiques corporelles douces, respiration, ancrage
→ Revenir à un contact lent, respectueux, choisi

4. S’autoriser à ralentir
→ La sexualité n’a pas besoin d’être immédiate, intense, fréquente pour être valable

5. Se faire accompagner par un·e thérapeute spécialisé·e
→ En psychotrauma, en thérapie sensorimotrice, en sexothérapie
→ Pour mettre du sens, accueillir les émotions, et reconstruire un rapport sain à l’intimité


En conclusion

Quand la sexualité est influencée par un traumatisme, elle peut devenir un terrain de fuite, de répétition ou de confusion.
Mais elle peut aussi, avec le bon accompagnement, redevenir un lieu de réparation, de lenteur, de présence.

Parce qu’au fond, la blessure initiale ne concernait pas que le sexe.
Elle concernait le lien, le respect, l’écoute, la sécurité.

Et c’est là, précisément, que peut commencer la guérison.

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