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Une chute. Une opération. Une douleur qui s’installe.
Et soudain, tout bascule.

Ce n’est pas qu’une partie du corps qui est touchée.
C’est tout un équilibre intérieur qui vacille.
Parce que le corps n’est pas une simple enveloppe.
Il est notre point d’ancrage, notre frontière, notre présence au monde.

Et quand il se fissure, c’est tout notre monde psychique qui peut vaciller.


Une blessure corporelle n’est jamais “juste physique”

Dans les jours qui suivent une blessure, on parle de soins, d’examens, de rééducation.
Mais très peu de ce qu’on ressent à l’intérieur :

  • Perte de confiance en son corps
  • Trouble de l’identité : “je ne suis plus capable”, “je ne suis plus moi”
  • Vulnérabilité amplifiée : dépendance, fatigue, peur
  • Isolement émotionnel : sentiment d’être incompris·e

Le corps blessé devient le reflet d’un déséquilibre intérieur.


Pourquoi une atteinte physique touche autant le psychisme ?

  • Parce que le corps est le premier support de notre identité
    → Il nous permet de bouger, d’agir, d’interagir, de nous sentir vivants
  • Parce que la blessure brise une continuité : un “avant” et un “après” se créent
  • Parce qu’elle réactive parfois d’anciennes blessures émotionnelles ou traumatiques
  • Parce qu’elle nous confronte à nos limites, à notre finitude

La perte de mobilité, de force, de liberté physique agit comme un choc narcissique.
Et laisse une empreinte parfois silencieuse… mais profonde.


Ce qui peut apparaître après une blessure physique

  • Déprime ou états anxieux
  • Crises d’identité : difficulté à se reconnaître ou à se projeter
  • Perte de sens : interruption d’un projet, d’un sport, d’une habitude
  • Irritabilité ou retrait social
  • Hypervigilance corporelle : peur de rechute, évitement des sensations

Ce sont des réactions normales. Mais elles méritent d’être accueillies.


Le risque : ne pas reconnaître la dimension psychique

On se concentre sur la cicatrice, la rééducation, les bilans.
Mais on oublie que le psychisme aussi a besoin d’accompagnement.

→ Un·e sportif·ve blessé·e peut perdre tout repère identitaire
→ Une personne opérée peut ressentir une désappropriation de son corps
→ Un·e jeune blessé·e peut s’interroger sur sa valeur ou son avenir

Le trauma n’est pas toujours là où on le croit.


Comment se reconstruire globalement après une blessure

1. Nommer ce qui a été vécu

→ Peur, choc, frustration, colère, dévalorisation
→ Laisser la parole sortir, même si le corps “va mieux”

2. Réinvestir le corps en douceur

→ Pas pour performer, mais pour ressentir
→ Le toucher, le mouvement, la respiration sont des ponts vers soi

3. Recréer du lien avec l’extérieur

→ Ne pas rester seul·e dans l’épreuve
→ Parler de ce qu’on traverse, même si ce n’est pas “grave”

4. Intégrer la blessure dans son histoire

→ Pas comme une faiblesse… mais comme une expérience transformante
→ Recomposer une image de soi avec cette vulnérabilité, pas contre elle

5. Être accompagné·e si le trouble persiste

→ Psychothérapeutes, psychomotricien·nes, groupes de parole
→ Toute approche intégrative corps-esprit peut soutenir la traversée


En conclusion

Une blessure physique peut marquer la chair.
Mais elle marque aussi la psyché.

Et parfois, ce n’est pas la fracture visible qu’il faut le plus soigner,
mais la rupture invisible avec soi-même.

Le corps a une mémoire.
Mais il a aussi une capacité de transformation.
Et en le réintégrant avec patience, avec douceur,
on peut retrouver ses repères intérieurs… un souffle après l’autre.

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