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C’est une sensation sourde. Un nœud dans le ventre. Un brouillard mental. Une agitation intérieure qui ne trouve pas de sortie.
Et puis, sans prévenir… une envie de manger. Un besoin presque irrépressible.
Pas vraiment de faim. Mais un appel à se calmer, à se remplir, à s’ancrer.

Anxiété et alimentation sont souvent mêlées.
Mais ce lien est complexe, subtil, et profondément humain.
Et pour le comprendre, il faut aller bien au-delà de la simple volonté.


Pourquoi l’anxiété influence-t-elle notre manière de manger ?

L’anxiété est une réaction naturelle à un stress perçu.
Elle mobilise le système nerveux, accélère le rythme cardiaque, resserre les muscles, trouble la concentration.
Et surtout : elle cherche une issue.

La nourriture devient alors :

  • Un objet de régulation immédiate
  • Un moyen de créer une sensation de contrôle ou de plaisir
  • Une façon de “descendre” la tension nerveuse
  • Une stratégie pour éviter une émotion floue ou douloureuse

Manger calme. Même si ce n’est que temporaire.


Deux types de réponse alimentaire à l’anxiété

1. L’hyperphagie (manger trop)
→ Crises alimentaires, grignotages répétés, envies spécifiques
→ Fonction : apaiser, détourner, remplir, contrôler

2. L’hypophagie (manger moins)
→ Perte d’appétit, nausées, rejet de la nourriture
→ Fonction : couper la sensation physique liée à l’émotion, reprendre du contrôle sur le corps

Ces deux réponses sont opposées, mais ont la même racine : une tension émotionnelle non régulée.


Ce que l’alimentation tente d’apaiser

  • Une peur (du vide, de l’échec, du jugement…)
  • Une anticipation négative (“et si… ?”)
  • Une perte de repères ou de contrôle
  • Une fatigue mentale ou sensorielle
  • Une hypervigilance constante

Manger devient un langage du corps. Une façon de dire : “Je ne me sens pas en sécurité.”


Pourquoi ce mécanisme peut devenir automatique

  • Il a déjà “fonctionné” → le cerveau l’intègre comme réponse rapide
  • Il est socialement accepté (manger est moins stigmatisé que pleurer ou crier)
  • Il est immédiatement accessible → pas besoin d’outils ou d’intermédiaires
  • Il n’est pas toujours conscient → on mange sans savoir pourquoi

Et plus on l’utilise, plus le corps l’intègre comme réflexe.


Comment apaiser l’anxiété sans passer par la nourriture ?

1. Apprendre à reconnaître les signaux émotionnels

→ “Qu’est-ce que je ressens ?”
→ “Ai-je vraiment faim… ou ai-je besoin d’autre chose ?”

2. Mettre en place des gestes de régulation non alimentaires

→ Respiration profonde, mouvement doux, contact social, rituel apaisant, silence choisi

3. Créer un sas entre l’émotion et l’action

→ Prendre 3 minutes avant de manger : boire un verre d’eau, écrire une pensée, respirer profondément
→ Laisser l’émotion s’exprimer un instant

4. Travailler en profondeur la source de l’anxiété

→ Ce n’est pas la nourriture qui est “le problème”, mais ce qui la précède
→ Thérapie, gestion du stress, exploration intérieure

5. Revaloriser le corps comme un allié, pas un champ de bataille

→ Revenir à l’écoute fine : faim, satiété, envie, plaisir
→ Ne pas punir un excès. L’interpréter comme un message.


En conclusion

Manger sous l’effet de l’anxiété n’est pas une faute.
C’est un appel au calme, à la sécurité, à la tendresse.

Mais ce calme peut aussi se construire autrement.
Par la conscience, la douceur, la respiration, la parole.
Et par un regard neuf sur soi : celui qui écoute, au lieu de juger.

Parce que vous méritez plus que de combler un vide.
Vous méritez de vous sentir en paix.

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