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Certaines personnes fument pour se détendre, d’autres pour dormir… mais beaucoup, inconsciemment, le font pour se sentir un peu mieux avec eux-mêmes.
Moins nerveux, moins jugés, moins “trop”. Plus cool, plus calmes, plus “eux”.

Le cannabis peut temporairement adoucir le rapport à soi, mais aussi devenir un outil de fuite de l’identité réelle. Entre confort émotionnel et érosion de l’estime, le lien est subtil, mais central.


Le cannabis comme régulateur identitaire

Fumer peut donner l’impression :

  • D’être plus “à l’aise en société”
  • De moins réfléchir, moins ruminer
  • D’être plus drôle, plus détendu
  • D’accepter plus facilement son image, son ressenti

C’est un effet miroir apaisant, un filtre interne qui semble adoucir les contours de soi.

Mais que se passe-t-il quand ce miroir devient indispensable ?


Le risque d’une valorisation conditionnée

À force de fumer pour se sentir bien dans sa peau, on peut commencer à croire que :

  • Sans joint, on n’est “pas assez”
  • Notre vrai moi est moins acceptable
  • On ne peut pas faire face à l’intensité émotionnelle nue

C’est là que l’usage bascule d’un outil occasionnel… à un masque invisible, toujours nécessaire.


L’érosion lente de l’estime de soi

Avec le temps, certains ressentis apparaissent :

  • Sentiment d’être dépendant·e pour être “bien”
  • Difficulté à prendre des décisions sans avoir fumé
  • Dévalorisation quand on n’a pas accès au produit
  • Impression de se fuir soi-même dans les gestes automatiques

L’usage du cannabis devient un substitut de confiance en soi, qui en réalité… l’amenuise.


Et pourtant… ce n’est pas une illusion

Le fait que le cannabis calme, détende, apaise, n’est pas un mensonge. Mais il ne construit rien durablement :

  • Il camoufle, au lieu de soigner
  • Il repose le mental, mais affaiblit l’activation spontanée
  • Il supprime temporairement le doute… mais ne renforce pas la sécurité intérieure

C’est une béquille qui soulage, mais ne rééduque pas.


Comment recréer une estime de soi sans cannabis ?

1. Identifier les moments où l’on fume “pour se sentir mieux avec soi”
Exemple : avant une sortie, après une critique, en période de doute.
Ces moments sont des fenêtres d’apprentissage émotionnel.

2. Se parler autrement
Transformer “je suis nul sans ça” en :
“Je suis en train d’apprendre à faire sans.”
“C’est inconfortable, mais pas insurmontable.”

3. Se rappeler de ses victoires passées
Des moments où vous avez géré, affronté, décidé… sans béquille. Renouer avec sa propre histoire de force.

4. Être accompagné·e si besoin
Parfois, le lien entre dépendance et estime de soi remonte à l’enfance, aux premières blessures narcissiques. Un accompagnement thérapeutique peut aider à reconstruire un socle plus stable.


En conclusion

Le cannabis ne détruit pas l’estime de soi. Il la suspend, la tamponne, la reconditionne. Et parfois, il l’empêche de se construire vraiment.
Sortir de ce lien, c’est retrouver un contact plus nu, plus intense, plus vivant avec soi-même. Pas toujours confortable… mais infiniment plus vrai.

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