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Elle est là, assise face à son ordinateur. Les yeux posés sur l’écran, mais les doigts tapotent sans cesse. La jambe bat un rythme nerveux. Parfois, elle s’interrompt. Soupire. Puis recommence.
Ce n’est pas une habitude, ni un tic. C’est un corps en état de vigilance, en boucle, en tension constante.

Cette agitation gestuelle, si fréquente et pourtant si peu commentée, est l’un des signes les plus parlants de l’anxiété chez l’adulte. Et dans un monde qui valorise la maîtrise, elle devient souvent invisible… ou jugée.


Quand l’anxiété prend corps

L’anxiété ne vit pas seulement dans la tête. Elle se logera dans le corps, dans ses réflexes, ses micro-gestes, ses signaux automatiques.
Les adultes anxieux ne “tremblent” pas toujours : ils s’ajustent, se réajustent, se contractent, bougent sans relâche.

Les gestes les plus fréquents :

  • Tapotements de doigts ou d’objets
  • Balancements discrets du pied ou du genou
  • Se frotter le visage, la nuque ou les mains
  • Croiser et décroiser les jambes
  • Réajuster constamment sa position, son vêtement, ses cheveux
  • S’agiter en réunion, en voiture, même au repos

Pourquoi ces gestes apparaissent-ils ?

1. 🔁 Autorégulation inconsciente

Ces gestes sont souvent des mécanismes d’auto-apaisement : ils permettent de “gérer” une tension interne sans faire appel à la parole ni à une vraie pause.

2. ⚡ Excès d’activation

Le système nerveux d’une personne anxieuse est souvent en alerte constante. Le corps, sans “danger” visible, tente de se décharger par le mouvement.

3. 🧱 Retenue émotionnelle

Beaucoup d’adultes ont appris à ne pas montrer leurs émotions. Le corps, lui, n’a pas oublié, et exprime ce qui n’est pas dit par des mouvements répétitifs.

4. ⏳ Anticipation constante

L’anxiété, c’est souvent vivre dans l’après. Ces gestes préparent inconsciemment à “faire face à quelque chose”… même si rien ne vient.


Une agitation visible… mais banalisée

Ces comportements sont parfois tolérés dans le monde professionnel, tant qu’ils ne dérangent pas. Pourtant, ils ont un coût silencieux :

  • Fatigue corporelle continue
  • Inconfort psychique
  • Impression de ne jamais être en paix
  • Difficulté à se poser ou à se reconnecter à soi

Souvent, cette agitation est internalisée comme une norme personnelle : “Je suis comme ça”, “J’ai toujours bougé”, “Je suis incapable de rester calme”.

Mais derrière ce “comme ça” se cache souvent une souffrance ignorée, et un besoin de mieux comprendre ce que vit le corps.


Comment apaiser ce type d’agitation ?

  1. Prendre conscience des moments où les gestes s’intensifient : appels, réunions, attentes, prise de décision…
  2. Ralentir volontairement un geste : l’observer sans jugement.
  3. Créer un sas corporel : étirement, respiration abdominale, marche douce.
  4. Exprimer ce qui bouillonne intérieurement : journal intime, thérapie, création.
  5. Réintroduire le mouvement choisi : danse, sport doux, expression corporelle libre.

Une clé importante : cesser de lutter contre

Vouloir “se contrôler” ne fait souvent qu’accentuer l’agitation. Le corps n’a pas besoin d’être contenu, mais entendu.
Ces gestes sont des signaux de détresse régulatrice, et non des “tics à gommer”.


Ce qu’on peut retenir

  • L’agitation gestuelle chez l’adulte anxieux est une manifestation physique réelle de la surcharge émotionnelle.
  • Elle est souvent invisible socialement mais lourde intérieurement.
  • En comprenant ses gestes, on peut peu à peu transformer un corps “sous pression” en corps ressenti, entendu, libéré.

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