Des heures devant l’écran. Un “dernier niveau” qui s’étire en pleine nuit. L’oubli des repas, des devoirs, des rendez-vous.
Au départ, c’est du plaisir. De l’évasion. Du jeu.
Mais parfois, cela devient un refuge, une fuite, une obsession.
L’addiction aux jeux vidéo, longtemps niée ou minimisée, est aujourd’hui reconnue comme un trouble du comportement à part entière.
Comment reconnaître cette addiction ? Quelles en sont les causes profondes ? Et surtout, comment en sortir sans culpabiliser, sans diaboliser ?
Les jeux vidéo : entre stimulation et immersion
Les jeux vidéo sont conçus pour être :
- Immersifs (scénarios, graphismes, ambiances sonores)
- Gratifiants (récompenses, niveaux, points, trophées)
- Engagés émotionnellement (enjeux, quêtes, appartenance)
- Socialement connectés (multijoueur, communautés)
Tout cela active dans le cerveau :
- Le système de récompense (dopamine)
- La motivation de progression
- Le sentiment d’accomplissement
Jouer n’est pas un problème en soi. Mais l’intensité émotionnelle qu’il procure peut devenir un piège chez les profils vulnérables.
Quand le jeu devient addiction : les signes à reconnaître
- Perte de contrôle sur le temps passé à jouer
- Désintérêt progressif pour les autres activités
- Irritabilité, anxiété, voire agressivité quand on ne peut pas jouer
- Jeu solitaire excessif, isolement relationnel
- Troubles du sommeil, désynchronisation du rythme
- Sentiment de vide ou d’ennui intense hors du jeu
- Difficulté à arrêter malgré les conséquences négatives
Ce n’est pas le nombre d’heures qui compte… mais l’impact sur la vie quotidienne.
Pourquoi certaines personnes deviennent accro ?
1. Fuite émotionnelle
Jouer pour ne pas ressentir : ennui, solitude, frustration, colère.
Le jeu devient un anesthésiant mental.
2. Compensation identitaire
Dans le jeu, on est fort·e, respecté·e, compétent·e. Dans la vraie vie, on se sent parfois invisible ou inadéquat·e.
3. Besoin de contrôle
Le monde virtuel est prévisible, maîtrisable. Il offre une sensation de pouvoir dans un quotidien parfois incertain.
4. Environnement numérique constant
Facilité d’accès, multiplicité des jeux, notifications… l’écosystème est pensé pour capter l’attention en continu.
Les risques à long terme
- Isolement social profond
- Retrait scolaire ou professionnel
- Troubles de l’humeur (dépression, irritabilité chronique)
- Estime de soi construite uniquement sur les performances virtuelles
- Déconnexion du corps (fatigue, douleurs, inactivité)
Le jeu devient non plus une activité… mais un mode de vie qui exclut le reste.
Que faire face à une addiction aux jeux vidéo ?
1. Observer sans juger
Noter les moments où l’on joue, ce que l’on ressent avant / après.
Comprendre ce que le jeu “remplit” ou “masque”.
2. Réduire progressivement avec des objectifs clairs
Exemple : limiter à certaines heures, garder un jour sans jeu, installer une alarme douce.
3. Réintroduire d’autres sources de plaisir
Sport doux, musique, sorties, création : reconnecter à la vie réelle en douceur.
4. Parler de ce qu’on vit
Avec un·e thérapeute, un proche, ou dans un groupe de soutien spécialisé.
5. Ne pas diaboliser le jeu… mais redonner sa juste place
Le jeu peut rester un plaisir, une passion… tant qu’il ne devient pas la seule réalité vivante.
En conclusion
L’addiction aux jeux vidéo n’est pas un caprice. Ce n’est pas “juste un manque de volonté”.
C’est un trouble du lien, une réponse à un vide, une tentative (inconsciente) de se sentir mieux.
Y mettre des mots, c’est déjà reprendre le contrôle. Et redonner au jeu ce qu’il est censé être : un espace de jeu, pas une prison invisible.
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