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Jouer n’est pas un problème.
Ce qui l’est, c’est de ne plus pouvoir s’arrêter.
C’est lorsque le plaisir devient besoin, puis automatisme, puis refuge exclusif.
Mais bonne nouvelle : entre le “tout laisser aller” et le “tout couper”, il existe un espace d’équilibre.
Un espace où le jeu reste un plaisir, un loisir… et non une prison invisible.

Voici des stratégies concrètes pour garder le contrôle, sans culpabiliser, ni se priver inutilement.


Distinguer l’usage régulé de l’usage compulsif

Avant toute chose, posons quelques repères. Un usage devient préoccupant quand :

  • Le jeu prend le dessus sur les autres activités (sommeil, travail, repas, lien social)
  • Il est difficile d’arrêter malgré l’envie ou la décision prise
  • Il est utilisé comme unique moyen de réguler ses émotions
  • Il entraîne de la culpabilité ou de l’irritabilité

Mais un usage régulier peut rester sain, s’il est conscient, organisé, et intégré dans une vie équilibrée.


1. Poser des repères clairs… et personnalisés

Chaque joueur a son rythme. L’idée n’est pas de se conformer à une norme stricte, mais de se fixer des limites adaptées à soi.

Quelques exemples :

  • Une durée maximale par session (ex : 1h30 par jour)
  • Des créneaux horaires définis (ex : pas avant 18h, jamais après 23h)
  • Des journées sans jeu dans la semaine pour créer une vraie pause cognitive
  • Un minuteur doux ou une alarme pour marquer la fin

L’objectif ? Rendre le jeu circonscrit, et non diffus.


2. Ritualiser le début et la fin de chaque session

Commencer à jouer avec un petit rituel conscient (ex : dire à voix haute “Je joue 1h pour le plaisir, pas pour fuir”) peut poser une intention claire.
De même, clôturer la session par un geste symbolique (ex : ranger la manette, noter son ressenti) permet de reprendre contact avec le réel.

Cela aide à désautomatiser le comportement.


3. S’entraîner à s’arrêter… même quand c’est tentant de continuer

Exercice volontaire : s’interrompre en pleine envie de continuer (juste avant un nouveau niveau ou une victoire).
Cela renforce :

  • Le contrôle de l’impulsion
  • La capacité à supporter la frustration légère
  • La conscience que le plaisir reste disponible plus tard

Ce n’est pas un renoncement. C’est un entraînement à rester libre.


4. Identifier les “moments sensibles”

Quand est-ce que tu joues le plus ?

  • Après une dispute ?
  • Quand tu es fatigué·e ?
  • Quand tu te sens seul·e ?

Reconnaître ces déclencheurs permet de comprendre ce que le jeu vient apaiser. Et peut-être de chercher d’autres réponses dans ces moments-là : parler, marcher, respirer, écrire…


5. Ne pas jouer seul·e tout le temps

Le jeu peut rester une belle activité partagée, à condition de :

  • Varier les styles de jeu
  • Échanger sur ses ressentis
  • S’autoriser à rire, parler, commenter, même pendant

Le lien social diminue le risque de repli excessif, et revalorise le jeu comme espace de connexion réelle.


6. Se reconnecter régulièrement à d’autres sources de plaisir

Lecture, nature, sport doux, cuisine, musique, création…
Même 10 minutes par jour d’un autre plaisir conscient aident à :

  • Réduire la dépendance émotionnelle au jeu
  • Diversifier les sources de satisfaction
  • Stimuler d’autres zones cérébrales

Plus il y a de plaisir ailleurs, moins il y a de risque de tout basculer dans le jeu.


En conclusion

La régulation ne tue pas le plaisir. Elle le préserve.
Jouer sans basculer, c’est retrouver sa liberté intérieure, son choix, son rythme.
Ce n’est pas se punir. C’est se protéger.
Et surtout, c’est redonner au jeu ce qu’il est censé être : un espace de jeu. Et non un espace de fuite.

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