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Ils plongent dans des univers magiques.
Ils combattent, construisent, gagnent, vivent des vies qu’ils choisissent.
Pendant ce temps, le monde réel s’efface — et avec lui, ses contraintes, ses blessures, ses tensions.

Pour beaucoup, les jeux vidéo ne sont pas seulement un loisir. Ils deviennent une échappatoire émotionnelle, un refuge intérieur, un espace où l’on peut respirer autrement.
Mais cette fuite du réel est-elle toujours un problème ? Ou peut-elle aussi être un mécanisme de protection psychique ?


Ce que l’on fuit (souvent sans le savoir)

La fuite dans le virtuel peut être une réponse à :

  • Une surcharge émotionnelle (angoisse, colère, tristesse)
  • Un sentiment d’inadéquation dans la réalité sociale
  • Des tensions familiales ou scolaires
  • Un vide existentiel ou un manque de sens
  • Des difficultés relationnelles ou une timidité marquée

Le jeu devient alors un amortisseur du trop-plein. Il offre un univers cohérent, maîtrisable, valorisant… là où le monde réel semble flou, injuste ou menaçant.


Pourquoi le jeu “protège” psychiquement

1. Il redonne du pouvoir
Dans un jeu, on peut agir, décider, construire. Ce pouvoir, souvent absent dans la vie réelle, restaure un sentiment de contrôle.

2. Il sécurise les émotions
La peur, la honte, la tristesse peuvent être mises entre parenthèses. Le jeu anesthésie, ou canalise.

3. Il structure le temps et les objectifs
Même un jeu long reste balisé. On sait où aller, quoi faire. Cela donne une illusion de clarté face à la confusion du quotidien.

4. Il permet d’exister autrement
Dans un avatar, un pseudo, une mission, on peut incarner une version de soi idéalisée, enfin visible, valorisée.


Quand la fuite devient enfermement

Le problème ne réside pas dans la fuite ponctuelle. Il surgit quand :

  • Le réel devient insupportable sans jeu
  • Les relations s’effondrent autour
  • Le corps est négligé (sommeil, alimentation, activité)
  • La motivation hors écran disparaît
  • L’identité réelle se dissout dans l’avatar

Le jeu n’est plus un abri temporaire. Il devient un refuge total, puis une prison douce.


Faut-il alors supprimer cette fuite ?

Non. Il est souvent plus aidant de :

  • Reconnaître la fonction protectrice du jeu, plutôt que de la nier ou la diaboliser
  • Explorer ce qu’il permet d’éviter, sans culpabilité
  • Créer des ponts entre le jeu et la vie réelle

Exemples :

  • Ce que j’aime dans ce jeu → est-ce que je peux le chercher ailleurs ?
  • Ce que je ressens quand je joue → est-ce que je peux le recréer autrement ?

Aider sans juger : une posture clé

Que vous soyez concerné·e directement ou proche d’un joueur intense :

  • Évitez les injonctions (“Tu devrais jouer moins”)
  • Posez des questions ouvertes (“Qu’est-ce que tu ressens quand tu joues ?”)
  • Validez la fonction du jeu (“Je comprends que ce soit ton espace pour souffler”)
  • Proposez des activités alternatives, mais jamais imposées

Le but n’est pas de faire fuir le jeu, mais de réconcilier le joueur avec la vie réelle, à son rythme.


En conclusion

La fuite du réel par les jeux vidéo n’est pas une faiblesse. C’est souvent un signe d’adaptation à un monde trop dur, trop flou, trop exigeant.
Plutôt que de la condamner, il est plus juste de l’écouter. Car derrière l’avatar, il y a une personne sensible, créative, fragile peut-être… mais profondément vivante.

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