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On s’y regarde un instant… puis on revient.
On vérifie. On ajuste. On scrute. On se fige.
Et parfois, on n’arrive plus à s’en détacher.

Le miroir devient bien plus qu’un simple objet de salle de bain :
il devient un juge, un repère, un moyen de se rassurer ou de se torturer.

Dans certaines formes d’addiction au contrôle du corps, le miroir devient une obsession.
Et derrière ce besoin compulsif de se voir… se cache un regard sur soi profondément blessé.


Quand l’image de soi devient source d’angoisse

Nous avons tou·tes une représentation mentale de notre corps.
Mais parfois, cette image :

  • Devient floue, négative ou obsédante
  • Est basée sur des détails amplifiés ou imaginés
  • Varie en fonction des émotions, des commentaires, du moment de la journée

On ne voit plus le corps réel.
On voit un reflet émotionnel. Une projection. Une attente.


La dépendance au miroir : comment elle s’installe

  • On commence à se regarder souvent : visage, ventre, cuisses, posture
  • On corrige, on cache, on compare
  • On s’auto-surveille après un repas, avant de sortir, en fin de journée
  • Le miroir devient le seul moyen de vérifier qu’on est “acceptable”

Et sans lui, on se sent incertain·e, vulnérable, voire inexistant·e.


Ce que ce comportement cache souvent

  • Une estime de soi instable, qui passe par le regard extérieur
  • Une peur du jugement ou du rejet, internalisée très tôt
  • Une association entre apparence et valeur personnelle
  • Une hypervigilance corporelle, liée à l’anxiété ou à des expériences traumatiques

Le miroir devient le seul terrain où l’on pense pouvoir se contrôler.


Les conséquences psychiques

  • Détérioration de la confiance corporelle
  • Comparaison constante (réseaux sociaux, proches, soi-même à d’autres moments)
  • Risque de dysmorphophobie : perception déformée, obsession pour un défaut inexistant
  • Culpabilité ou tristesse après chaque regard
  • Isolement : peur d’être vu·e autrement que comme on se perçoit

Comment apaiser cette dépendance au reflet ?

1. Réduire les confrontations inutiles

→ Cesser de se regarder “par automatisme”
→ Éviter les miroirs multiples (véhicule, portable, vitrines…)

2. Observer ce que l’on cherche vraiment dans le miroir

→ Une approbation ? Une sécurité ? Une punition ?
→ Quel besoin émotionnel est sous-jacent ?

3. Ramener la conscience au corps vécu, non au corps vu

→ Bouger, ressentir, respirer, s’étirer
→ Retrouver la présence dans la peau, pas dans le regard

4. Travailler l’image de soi en profondeur

→ Identifier les croyances héritées : “si je ne suis pas mince, je ne vaux rien”
→ Se libérer du regard normatif, social, esthétique

5. Se faire accompagner si l’obsession devient envahissante

→ Thérapie corporelle, psychothérapie, travail sur l’ancrage et l’estime


En conclusion

Le miroir n’est qu’un outil.
Mais dans certains contextes, il devient un piège émotionnel.
Un lien trop direct entre ce que l’on croit voir… et ce que l’on croit être.

Revenir à soi, c’est oser détourner le regard.
C’est apprendre à se sentir exister sans se valider visuellement.
Et c’est aussi découvrir que le corps ne se mesure pas… il se vit.

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