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Aimer le sexe. Le désirer souvent. Y penser régulièrement.
Est-ce une preuve de vitalité… ou le signe d’un débordement ?
Où passe la frontière entre un fort appétit sexuel et une hypersexualité qui prend toute la place ?
Et surtout, comment savoir quand ce besoin devient une prison intérieure déguisée en plaisir ?

Loin des clichés, l’hypersexualité est une réalité complexe, vécue parfois dans le silence, la honte ou la confusion. Explorons ensemble cette dynamique.


Qu’est-ce que l’hypersexualité ?

Il ne s’agit pas simplement d’avoir un fort désir sexuel.
On parle d’hypersexualité quand :

  • Le besoin d’activité sexuelle est fréquent, envahissant, irrépressible
  • Il provoque une souffrance psychique, une perte de contrôle ou une gêne relationnelle
  • Le sexe devient un exutoire, une obsession, un rituel de régulation émotionnelle

Il peut s’agir de :

  • Multiplication des partenaires
  • Masturbation compulsive
  • Consommation excessive de contenus sexuels
  • Recherche constante d’excitation ou de nouveauté

Un trouble qui reste souvent caché

Parce que la société :

  • Valorise l’hypersexualité masculine, la confondant avec la virilité
  • Érotise les femmes “désinhibées”, invisibilisant leur éventuel mal-être
  • Tabouise le mal-être lié au sexe, réduisant la souffrance à de la honte ou de la faiblesse

Résultat : de nombreuses personnes vivent avec cette compulsion sans en parler, sans consulter, sans comprendre.


Les signes qui peuvent alerter

1. Pensées sexuelles intrusives et constantes
→ Difficile de se concentrer ou de vivre des moments neutres sans que le sexe ne s’impose mentalement.

2. Incapacité à résister à l’envie
→ Même quand cela nuit à la vie professionnelle, affective, sociale ou à sa propre santé.

3. Répétition malgré la souffrance
→ Conduites à risque, relations toxiques, fatigue, honte… mais impossibilité d’arrêter.

4. Utilisation du sexe comme apaisement
→ Pour calmer la colère, la tristesse, le vide, l’ennui, la solitude.

5. Sentiment de double vie ou d’identité fragmentée
→ Une partie de soi agit, pendant que l’autre regarde, culpabilise, doute.


Hypersexualité ≠ hyperdésir

Il est important de distinguer :

  • L’intensité du désir, naturelle et variable selon les personnes
  • La compulsion sexuelle, qui devient automatisme, perte de liberté

Dans l’hypersexualité, ce n’est pas le plaisir qui guide, mais la fuite.
Fuite du silence. Fuite du mal-être. Fuite de soi.


Ce que cela peut cacher

  • Un trouble anxieux ou dépressif
  • Une faible estime de soi
  • Une carence affective ancienne
  • Un traumatisme sexuel ou émotionnel
  • Un sentiment chronique de vide existentiel

Le sexe devient alors un outil de survie émotionnelle, une tentative de combler un manque non nommé.


Que faire quand on se sent concerné·e ?

1. Déculpabiliser
→ Ce n’est pas une faiblesse. Ce n’est pas une pathologie honteuse.
→ C’est un signal de détresse intérieure.

2. Consulter un·e professionnel·le spécialisé·e
→ Un psychologue, un sexologue, un thérapeute formé à ces troubles
→ Il existe des prises en charge adaptées, respectueuses, confidentielles

3. Explorer les déclencheurs
→ Quels moments, quelles émotions, quels contextes activent le besoin ?

4. Travailler l’estime de soi autrement
→ Hors du désir sexuel d’autrui, hors de la validation érotique

5. Apprendre à ralentir
→ Revenir à une sexualité choisie, ressentie, incarnée
→ S’autoriser la lenteur, la frustration, le silence


En conclusion

L’hypersexualité ne dit pas “j’aime trop le sexe”.
Elle dit souvent : “J’ai trop mal ailleurs.”
Elle parle d’un besoin d’amour, de sécurité, de reconnaissance… qui cherche une issue dans le corps et l’excitation.

Y prêter attention, ce n’est pas renoncer au plaisir.
C’est retrouver la liberté de le vivre pleinement — et non de le subir.

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