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“Encore cinq minutes !”
“Mais je viens juste de commencer !”
“Tu me coupes au milieu du jeu !”

Si tu es parent d’un enfant entre 3 et 13 ans, ces phrases t’ont probablement déjà fait soupirer plus d’une fois. La gestion du temps d’écran est devenue l’un des grands défis contemporains de la parentalité.

Face à l’attractivité des tablettes, téléphones, consoles et dessins animés à la demande, comment poser des limites… sans entrer dans un cycle de tensions ou de sanctions ?
Et surtout : comment aider l’enfant à se réguler de l’intérieur, plutôt que de le surveiller de l’extérieur ?


Pourquoi les enfants sont si attirés par les écrans

1. Les écrans stimulent le cerveau
Couleurs, sons, mouvement rapide : les contenus numériques activent le système dopaminergique, celui de la récompense. C’est fun, intense, captivant.

2. Ils répondent à un besoin d’occupation immédiat
Un enfant s’ennuie, s’agite, pleurniche ? Un écran calme tout — immédiatement.

3. Ils donnent l’illusion d’autonomie
Avec un écran, l’enfant “choisit”, “contrôle”, “navigue”. Cela nourrit son besoin de pouvoir, naturel à tout âge.

4. Ils créent une routine de soulagement
Comme pour les adultes, les écrans deviennent parfois un moyen de réguler l’ennui, la frustration, la solitude ou l’excitation.


Quand faut-il s’inquiéter ?

Le temps d’écran devient problématique quand :

  • L’enfant réagit violemment à toute interruption
  • Il perd l’intérêt pour d’autres jeux (créatifs, symboliques, moteurs)
  • Il demande à regarder ou jouer dès le réveil ou avant de dormir
  • Les écrans remplacent progressivement les interactions sociales ou familiales
  • Il devient irritable, fatigué, agité après usage

Mais plutôt que de s’alarmer, mieux vaut observer et ajuster avec bienveillance.


Pourquoi punir n’est pas une solution durable

Interdire brutalement ou retirer l’écran en guise de sanction peut provoquer :

  • Un effet de révolte ou d’opposition
  • Un renforcement de l’attachement à l’écran (objet interdit = objet désirable)
  • Une perte de confiance dans la relation éducative

La punition interrompt un comportement, mais ne développe pas la capacité de l’enfant à le comprendre et à se réguler.


Miser sur la prévention : les leviers essentiels

1. Nommer, expliquer, ritualiser
“On va mettre un minuteur pour 20 minutes de tablette.”
→ Le cadre devient prévisible et accepté.

2. Proposer des alternatives concrètes, pas abstraites
→ “Tu arrêtes la console ET tu viens m’aider en cuisine” est plus efficace que “Tu arrêtes, point.”

3. Créer un contrat clair et co-construit
→ Par exemple : 1 heure par jour le week-end, pas de jeu après 19h, 1 pause visuelle toutes les 20 minutes.

4. Accepter des phases de désintensification
→ Il est normal que l’enfant soit un peu “grognon” ou “vide” après avoir coupé l’écran. Cela ne veut pas dire que la limite est mauvaise.

5. Utiliser des outils visuels adaptés à l’âge
→ Horloge illustrée, sablier, minuteur rigolo… les repères concrets aident l’enfant à anticiper.


Renforcer les temps “sans écran” positifs

1. Modéliser
→ Un adulte qui coupe son propre téléphone le soir influence bien plus qu’un discours.

2. Mettre en avant les moments partagés
→ Cuisine, jeux de société, histoires, sorties : tout ce qui crée du lien réel réduit l’attrait des écrans.

3. Redonner sa place à l’ennui
→ L’ennui n’est pas un vide à remplir, c’est un espace de créativité. On peut accompagner l’enfant à “apprendre à s’ennuyer”.


En conclusion

Gérer le temps d’écran, ce n’est pas punir ni fliquer.
C’est aider l’enfant à construire une relation saine avec la technologie : consciente, encadrée, flexible, mais pas sans limites.
Et cela commence par le lien, le dialogue, la régularité… et l’exemple.

Parce qu’au fond, l’écran n’est pas l’ennemi. C’est l’absence de repères qui crée la dépendance. À nous de les transmettre.

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