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Dans nos salons, dans les salles d’attente, dans les poussettes… les écrans sont partout. Et les enfants, dès le plus jeune âge, y sont exposés. Tablettes, smartphones, télévision, ordinateurs : ils captivent, apaisent, distraient. Face à cette réalité, les parents sont souvent tiraillés : faut-il interdire ? Limiter ? Laisser faire ? Comment protéger les enfants sans les isoler d’un monde devenu numérique ? Ce dilemme, aussi quotidien que complexe, mérite d’être éclairé par la psychologie, les neurosciences… et beaucoup de bon sens.


📱 Pourquoi les écrans attirent autant les enfants ?

Les jeunes enfants sont naturellement fascinés par le mouvement, les couleurs vives, les sons, les visages. Or, les écrans — surtout les vidéos et les applications interactives — exploitent ces caractéristiques pour capter l’attention. En un clic, un univers entier s’ouvre, réactif, ludique, parfois même éducatif.

Mais cette captation intense, si elle est prolongée ou trop fréquente, peut court-circuiter certains besoins fondamentaux du développement, notamment la motricité, le langage, la socialisation, l’exploration sensorielle.


👶 Quels sont les impacts des écrans sur le jeune enfant ?

Les effets varient selon l’âge, la durée d’exposition, le type de contenu et le contexte d’usage. Voici les principaux risques identifiés par les chercheurs et cliniciens :

🧠 Ralentissement du développement cognitif

Avant 3 ans, le cerveau de l’enfant se structure à travers l’expérience sensorimotrice : toucher, manipuler, se déplacer, interagir. Une surexposition aux écrans peut limiter ces expériences concrètes, essentielles à l’acquisition du langage, à la mémoire ou à la capacité d’attention.

💬 Retards de langage

L’usage passif des écrans (regarder des vidéos sans interaction) est associé à un risque accru de retards de langage. Parler à un écran n’a pas le même effet que dialoguer avec un adulte bienveillant.

🛌 Troubles du sommeil

La lumière bleue et la stimulation cognitive avant le coucher perturbent le rythme circadien. De nombreux enfants surexposés ont du mal à s’endormir, se réveillent plus souvent ou présentent un sommeil de mauvaise qualité.

🤯 Surcharge émotionnelle

Les contenus rapides, bruyants ou violents peuvent générer une excitation excessive, une difficulté à se réguler, voire des comportements d’agitation ou d’opposition.


🔍 Faut-il interdire totalement ?

De nombreuses recommandations (OMS, Société Française de Pédiatrie, etc.) préconisent :

  • 0 écran avant 2 ans (hors usage exceptionnel, type appel vidéo)
  • Un usage limité et accompagné de 2 à 5 ans
  • Pas plus d’1h par jour entre 3 et 6 ans, toujours avec supervision
  • Pas d’écran le matin, ni avant le coucher

Mais interdire totalement les écrans peut aussi générer de la frustration, voire un effet de fascination accrue. Ce qui compte, ce n’est pas seulement le temps d’écran, mais le type d’usage et la présence d’un adulte pour accompagner.


👨‍👩‍👧 Accompagner : une alternative équilibrée

Plutôt qu’interdire de manière rigide, il est plus efficace d’éduquer à l’usage, dès le plus jeune âge. Voici quelques leviers pour instaurer un rapport sain aux écrans :

Co-visionner ou co-jouer

Regarder une vidéo ou utiliser une application avec l’enfant permet de commenter, d’interagir, de prolonger l’expérience dans le réel.

Choisir des contenus de qualité

Privilégier les contenus lents, pédagogiques, non violents, qui stimulent l’imaginaire et favorisent l’apprentissage (documentaires pour enfants, contes animés, dessins doux…).

Respecter les rythmes biologiques

Pas d’écran pendant les repas, avant l’école ou juste avant le coucher. L’enfant a besoin de rituels apaisants pour s’ancrer.

Proposer des alternatives attractives

Jeux de construction, coloriage, histoires, jeux symboliques… Si l’enfant a d’autres sources de plaisir et d’attention, le besoin d’écran diminue naturellement.

Éviter les écrans comme solution à tout

Ne pas utiliser systématiquement le téléphone pour calmer une crise, attendre chez le médecin ou occuper un moment d’ennui. Ces situations sont aussi des opportunités d’apprentissage (patience, imagination, communication…).


🧠 Le rôle des parents : modèles malgré eux

Les enfants observent, imitent. Si un adulte est constamment sur son téléphone, l’enfant l’intègre comme norme. Le modèle parental est donc fondamental. Cela implique parfois de se questionner soi-même sur son propre usage.

Exemple : un parent absorbé par son écran au moment du coucher, ou qui filme chaque geste de l’enfant sans interagir avec lui, envoie un message implicite sur la place du numérique dans la relation.


🔁 Des écrans oui, mais en conscience

Accompagner un enfant dans son rapport au numérique, c’est :

  • L’aider à construire un rapport actif et réfléchi aux images
  • Favoriser les interactions humaines authentiques
  • Créer un cadre sécurisant où l’écran est un outil, pas un substitut

Le but n’est pas de rejeter la technologie, mais de l’humaniser.


🔚 Conclusion : entre protection et autonomie

Les écrans ne sont pas mauvais en soi. C’est leur usage excessif, solitaire, non médiatisé qui pose problème, surtout chez les jeunes enfants. Accompagner, expliquer, poser un cadre, ajuster selon l’âge… voilà les vrais leviers.

Un enfant qui apprend à se servir d’un écran avec un adulte bienveillant à ses côtés développe des compétences précieuses : curiosité, discernement, régulation émotionnelle. Et surtout, il garde intact le lien avec le monde réel, celui qui le construit durablement.

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