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Les traumatismes psychologiques ne laissent pas uniquement des cicatrices émotionnelles : ils impactent profondément le fonctionnement du cerveau, notamment les capacités attentionnelles. Que le traumatisme soit lié à un accident, une agression, un conflit armé ou une perte significative, il modifie durablement la manière dont l’attention est dirigée, maintenue ou contrôlée.

Chez de nombreuses personnes ayant vécu un événement traumatique, on observe une attention instable, hyper-réactive, perturbée par des intrusions mentales, ou au contraire figée dans une forme de dissociation. Cet article explore les mécanismes neurocognitifs qui relient trauma et attention, et les stratégies pour y faire face.


⚠️ Qu’est-ce qu’un traumatisme psychique ?

Un traumatisme est une réponse psychologique à un événement vécu comme extrêmement menaçant, douloureux ou incontrôlable. Il peut être ponctuel (accident) ou chronique (violences, guerre, maltraitance).

Lorsqu’il n’est pas traité, il peut évoluer en trouble de stress post-traumatique (TSPT), avec plusieurs symptômes :

  • Reviviscences ou flashbacks
  • Évitement des rappels du trauma
  • Hypervigilance
  • Troubles du sommeil
  • Difficultés cognitives

🔁 Comment le traumatisme affecte l’attention

1. Hypervigilance constante

Le cerveau traumatisé est en état d’alerte permanent. Il surévalue les signaux de danger, ce qui sature le système attentionnel.

Résultat : difficulté à se concentrer sur des tâches ordinaires, réactivité excessive aux bruits ou aux mouvements.

2. Intrusions mentales

Des souvenirs traumatiques surgissent sans prévenir, interrompant brutalement la concentration.

Ces pensées intrusives activent le réseau du mode par défaut, détournant les ressources attentionnelles.

3. Dissociation cognitive

À l’inverse de l’hypervigilance, certaines personnes développent une forme de déconnexion mentale, où l’attention devient flottante, instable, voire absente.

Cela peut donner l’impression d’être « à côté de soi », avec des blancs de mémoire ou une désorientation temporaire.

4. Réduction de la mémoire de travail

Le stress chronique lié au traumatisme affaiblit les circuits fronto-pariétaux, réduisant la capacité à maintenir une information mentale active.

Cela nuit aux tâches nécessitant une attention soutenue et flexible.


🔬 Ce que montrent les recherches

Aupperle et al. (2012) : les patients souffrant de TSPT montrent une hypoactivation du cortex préfrontal et une hyperactivation de l’amygdale pendant des tâches attentionnelles.
Polak et al. (2012) : les survivants de traumatismes graves présentent des déficits persistants de concentration et de mémoire de travail plusieurs années après l’événement.
Hayes et al. (2012) : les personnes traumatisées montrent une connectivité réduite entre les réseaux attentionnels et le cortex cingulaire antérieur, limitant le contrôle cognitif.
Leskin & White (2007) : les symptômes d’intrusion mentale sont directement corrélés à des erreurs attentionnelles dans les tâches quotidiennes.


🧭 Conséquences dans la vie quotidienne

  • Distraction fréquente au travail ou en classe
  • Difficultés à lire, écouter ou retenir des consignes
  • Irritabilité liée à une surcharge attentionnelle
  • Sentiment d’échec cognitif malgré l’effort
  • Évitement de certaines situations sociales ou professionnelles
  • Repli sur soi par peur de perdre le contrôle mental

🌱 Stratégies d’accompagnement et de réhabilitation cognitive

✔️ Thérapies spécialisées : EMDR (désensibilisation par les mouvements oculaires), TCC, thérapies de régulation du traumatisme.
✔️ Pleine conscience et respiration : pour restaurer une ancre attentionnelle dans le présent et calmer l’amygdale.
✔️ Biofeedback ou neurofeedback : pour réentraîner les circuits attentionnels à répondre de manière stable.
✔️ Activités lentes et rythmées : jardinage, dessin, musique douce, yoga — elles favorisent la concentration et la stabilité émotionnelle.
✔️ Structuration du quotidien : planification visuelle, routines prévisibles, réduction des stimuli.


🌟 Conclusion

Le traumatisme psychique n’affecte pas que le cœur ou l’humeur : il reprogramme le cerveau, et en particulier ses mécanismes attentionnels. Reconnaître ces effets permet d’éviter les jugements hâtifs, de mieux accompagner les personnes concernées, et surtout d’initier des approches de soin fondées sur la récupération neurocognitive.


💡 Revenir à soi, c’est aussi retrouver son attention.

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