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Dans une école véritablement inclusive, chaque élève devrait pouvoir apprendre, s’exprimer et interagir à son rythme, selon ses capacités. Or, les compétences sociales – qui englobent la capacité à communiquer, à comprendre les émotions, à coopérer ou à résoudre des conflits – sont souvent fragilisées chez les élèves présentant un trouble du développement intellectuel (TDI).

Ces compétences sont pourtant fondamentales : elles influencent le bien-être, l’intégration au groupe, l’accès aux apprentissages et la qualité de vie à l’école. Les soutenir activement, dès le plus jeune âge, est une mission éducative essentielle, autant pour les enseignants que pour les accompagnants.


Pourquoi les compétences sociales sont si importantes chez les élèves avec TDI

Les élèves avec TDI peuvent avoir des difficultés à :

  • Initier ou maintenir une interaction sociale
  • Reconnaître les émotions chez eux ou chez les autres
  • Adapter leur comportement aux contextes sociaux
  • Résoudre un conflit sans recourir à l’opposition ou au retrait

Ces fragilités ne sont pas synonymes d’un désintérêt pour les autres : ces enfants souhaitent souvent interagir, mais ne disposent pas toujours des codes nécessaires pour le faire de manière adaptée.

En les privant d’un accompagnement ciblé, on augmente les risques d’isolement, de harcèlement ou de désengagement scolaire.


Le rôle de l’école dans le développement social

L’école constitue un environnement idéal pour l’apprentissage des compétences sociales : c’est un lieu d’interaction quasi permanent, structuré et répétitif. Il offre une multitude de situations naturelles pour observer, imiter, pratiquer et recevoir du feedback.

Mais pour les élèves avec TDI, ces situations doivent être rendus accessibles, explicites et sécurisées. Cela nécessite une pédagogie sociale réfléchie, volontaire et bienveillante.


Les piliers d’un apprentissage social efficace

Un cadre prévisible et structurant

Les enfants avec TDI bénéficient d’un environnement où les routines sociales sont claires. Cela inclut :

  • Un emploi du temps visuel des temps collectifs
  • Des règles sociales explicites et illustrées (ex. : “j’écoute quand quelqu’un parle”)
  • L’usage de pictogrammes pour représenter les comportements attendus (ex. icônes de mains levées, smileys d’émotion)

La modélisation par l’adulte

L’adulte montre les comportements attendus avant de les exiger. Par exemple, avant une activité de groupe, l’enseignant peut faire une mini saynète en montrant comment on propose une idée, écoute, ou répond poliment à un désaccord.

Le renforcement positif

Chaque tentative d’interaction, même maladroite, peut être valorisée : par un regard, un mot encourageant, un retour visuel (ex. étoiles, points verts). Cela soutient la motivation, la confiance en soi et l’estime.


Activités concrètes pour développer les compétences sociales

Jeux coopératifs

Jeux simples de plateau, construction à plusieurs, jeux de relais… L’objectif est d’apprendre à attendre son tour, à négocier, à accepter l’erreur ou la victoire de l’autre.

Histoires sociales

Il s’agit de courts récits illustrés décrivant une situation sociale problématique et proposant un comportement adapté. Ex. : “Paul veut jouer avec un camarade déjà occupé. Il peut dire ‘je peux jouer après ?’”

Ces histoires peuvent être lues collectivement ou individuellement, et rejouées sous forme de théâtre.

Cercle de parole ou rituels d’émotion

Chaque matin ou en fin de journée, les élèves peuvent être invités à partager :

  • Une émotion du jour (avec un panneau d’icônes colorées)
  • Un événement qui les a rendus contents, frustrés ou fiers
  • Un souhait pour demain

Ces moments renforcent la prise de parole, l’écoute et la reconnaissance mutuelle.

Scénarios sociaux avec marionnettes ou peluches

Utile en maternelle ou avec des enfants verbaux fragiles, ce support ludique permet d’explorer les conflits, les émotions et les malentendus à travers des personnages médiateurs.


L’importance de l’environnement humain

Le regard des autres élèves

Former les autres élèves à la coopération et à la différence est essentiel. Cela passe par des projets inclusifs où chacun a un rôle valorisé, et par des messages clairs de l’équipe éducative sur la richesse de la diversité.

Le rôle des pairs médiateurs

Certains établissements désignent des “pairs aidants” formés pour aider les camarades en difficulté lors des jeux de récréation ou des projets de groupe. Cela valorise la solidarité tout en réduisant les risques de mise à l’écart.


Ce que disent les études

Les recherches en psychologie de l’éducation montrent que les programmes d’apprentissage social et émotionnel (SEL) ont un impact direct sur :

  • Le climat de classe
  • La diminution des comportements perturbateurs
  • L’augmentation des compétences langagières et relationnelles

Des outils comme le programme PATHS (Promoting Alternative Thinking Strategies) ou le “Parler Bambin” pour les jeunes enfants ont montré une amélioration significative du vocabulaire émotionnel et des interactions prosociales.


Ressources pour aller plus loin

  • Livres illustrés sur les émotions (ex. “La couleur des émotions”, “Grosse colère”)
  • Applications éducatives : “Emoticartes”, “Feelings – Monstres des émotions”
  • Sites ressources :

Conclusion

Développer les compétences sociales à l’école, c’est bien plus que travailler sur la “gentillesse” : c’est permettre à chaque élève – y compris ceux avec TDI – d’habiter le collectif, d’exister dans le lien à l’autre, et de se construire à travers les interactions.

Loin d’être une activité accessoire, l’éducation sociale est un droit fondamental. En structurant, modélisant, valorisant et incluant, l’école devient un laboratoire de vie relationnelle où chaque élève peut s’épanouir, apprendre et être reconnu.

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