Dans un monde où les sollicitations sont constantes, la capacité à effectuer plusieurs tâches en même temps est souvent perçue comme une compétence précieuse. Répondre à un e-mail tout en participant à une réunion Zoom et en consultant son téléphone semble être devenu la norme. Mais le cerveau est-il réellement conçu pour fonctionner en mode multitâche ?
Contrairement à une idée reçue, le cerveau humain n’est pas câblé pour traiter plusieurs tâches complexes simultanément. Il fonctionne plutôt par alternance rapide entre les tâches, ce qui peut entraîner une surcharge cognitive et une baisse de performance.
Dans cet article, nous allons explorer le fonctionnement du cerveau en situation de multitâche, comprendre pourquoi il est difficile de maintenir une attention soutenue et découvrir des stratégies pour améliorer la gestion de l’attention.
🏛️ Comment le cerveau gère le multitâche ?
Le cerveau ne traite pas véritablement plusieurs tâches à la fois : il bascule rapidement entre différentes activités. Ce processus engage plusieurs zones cérébrales spécifiques :
✅ Le cortex préfrontal – Responsable de la planification et de la prise de décision. Il est le centre du contrôle cognitif.
✅ Le cortex pariétal – Joue un rôle dans le traitement de l’attention spatiale et la coordination des mouvements.
✅ Le striatum – Impliqué dans la gestion des habitudes et des actions automatiques.
✅ Le réseau de saillance – Identifie les stimuli pertinents et détermine où orienter l’attention.
👉 Exemple concret :
Si vous écrivez un message tout en regardant une série, votre cerveau passe en mode « switching » entre le traitement du langage et le traitement visuel. Cette alternance rapide génère une perte de concentration et une diminution de la qualité du travail.
🎯 Pourquoi le multitâche réduit-il la performance ?
- Temps de bascule
➡️ Chaque fois que le cerveau passe d’une tâche à une autre, il y a une perte de temps liée à la « réinitialisation » cognitive.
👉 Conséquence : Cette micro-perte s’accumule au fil de la journée, réduisant la productivité globale.
- Charge cognitive excessive
➡️ Le cortex préfrontal est rapidement saturé lorsqu’il est sollicité par plusieurs tâches complexes.
👉 Conséquence : La mémoire de travail est surchargée, ce qui entraîne des oublis et des erreurs.
- Fragmentation de l’attention
➡️ Le multitâche empêche le cerveau d’entrer dans un état de « deep work » (concentration profonde).
👉 Conséquence : La qualité du travail diminue, et la sensation de fatigue mentale augmente.
- Perte de mémoire à court terme
➡️ Les informations traitées de manière fragmentée sont moins bien consolidées dans la mémoire à long terme.
👉 Conséquence : Difficile de se souvenir précisément des détails après une session de multitâche.
🔎 Le rôle des neurotransmetteurs dans le multitâche
Le multitâche mobilise plusieurs neurotransmetteurs clés :
- Dopamine – Renforce la motivation à accomplir une tâche, mais en excès, elle favorise la distraction.
- Noradrénaline – Joue un rôle dans la vigilance et l’attention, mais une stimulation trop forte crée un sentiment de stress.
- Acétylcholine – Aide à maintenir la concentration, mais est rapidement épuisée en mode multitâche.
👉 Exemple : Si vous travaillez sur un projet tout en consultant vos messages, le niveau de dopamine augmente temporairement, mais l’alternance constante entre les tâches épuise le stock d’acétylcholine, réduisant la capacité à maintenir l’attention.
🚀 Pourquoi le multitâche peut parfois fonctionner ?
Certaines tâches peuvent être réalisées en parallèle si elles sollicitent des circuits neuronaux différents :
✅ Une tâche automatique + une tâche consciente
👉 Exemple : Marcher (tâche automatique) tout en discutant (tâche consciente).
✅ Deux tâches impliquant des sens différents
👉 Exemple : Écouter un podcast tout en dessinant.
✅ Une tâche cognitive légère + une tâche physique
👉 Exemple : Pédaler sur un vélo d’appartement tout en lisant.
🏆 Comment améliorer la gestion de l’attention en multitâche ?
💡 1. Pratiquer le « deep work »
➡️ Travailler en sessions de 45 à 90 minutes sans interruption permet au cerveau d’atteindre une concentration optimale.
💡 2. Limiter le nombre de tâches simultanées
➡️ Le cerveau gère mal plus de deux tâches complexes à la fois.
💡 3. Créer une hiérarchie des tâches
➡️ Commencer par les tâches les plus importantes et les plus complexes avant de passer à des activités secondaires.
💡 4. Alterner entre travail et repos
➡️ Faire des pauses régulières (toutes les 60 à 90 minutes) permet au cortex préfrontal de récupérer.
💡 5. Éviter la surcharge sensorielle
➡️ Travailler dans un environnement calme et organiser l’espace de travail pour limiter les distractions visuelles et sonores.
✅ Conclusion
Le cerveau humain n’est pas conçu pour le multitâche complexe. Si certaines tâches simples peuvent être réalisées en parallèle, l’alternance constante entre deux tâches complexes épuise rapidement les ressources attentionnelles et réduit la qualité du travail. En organisant mieux vos sessions de travail et en limitant les distractions, vous pouvez améliorer votre capacité de concentration et votre productivité.
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