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La dépendance désigne un besoin répétitif et impérieux de reproduire un comportement, malgré ses conséquences négatives sur la santé, la vie sociale, affective ou professionnelle.

Il peut s’agir :

  • d’une substance (tabac, alcool, cannabis, sucre, médicaments…)
  • d’un comportement (jeux, achats, sport, sexualité, écrans, travail…)

Ce n’est pas tant l’objet qui pose problème…
que la fonction qu’il remplit.


Étape 1 : la rencontre

Tout commence par une première expérience, souvent plaisante ou rassurante :

  • Une cigarette pour faire comme les autres
  • Une série pour s’évader
  • Un verre pour décompresser
  • Un achat pour se récompenser

Le cerveau enregistre la sensation agréable.
Et surtout : il associe l’objet à un soulagement émotionnel.


Étape 2 : la répétition

Plus on répète ce comportement, plus il devient un réflexe.
On ne boit plus “pour le goût”, mais pour se calmer.
On ne joue plus “pour s’amuser”, mais pour oublier.

Et le cerveau renforce le lien : “quand tu es mal… fais ça.”

C’est l’effet dopaminergique : la fameuse molécule du plaisir, de la motivation… et du piège.


Étape 3 : la ritualisation

Le comportement s’intègre dans une routine quotidienne :

  • Après les repas
  • En rentrant du travail
  • Le soir, seul·e
  • Quand une émotion monte

Il devient prévisible, automatique.
On ne le questionne plus.
On le suit, comme un programme interne.


Étape 4 : la perte de liberté

Petit à petit, l’usage se transforme en besoin.
L’absence du comportement génère :

  • de l’irritabilité
  • de l’anxiété
  • un vide, un manque, une sensation de danger

Le corps et l’esprit réclament la répétition.
Même si l’envie consciente n’est plus là.
C’est là que la dépendance est installée.


Étape 5 : la dissonance

On commence à ressentir :

  • de la honte
  • un sentiment de perte de contrôle
  • des pensées comme “je n’y arrive pas”, “je suis faible”

C’est l’étape où la personne voit le problème, mais n’arrive plus à agir.

Et c’est souvent ici que la spirale s’intensifie…
car la souffrance devient une raison de plus d’avoir recours à l’objet addictif.


Ce qui nourrit l’addiction au fond

  • Un besoin d’apaisement émotionnel
  • Un vide intérieur difficile à nommer
  • Une tentative de régulation face au stress, à l’ennui, à la tristesse
  • Une difficulté à ressentir ou exprimer certaines émotions
  • Parfois, une blessure ancienne jamais reconnue

Le comportement addictif devient une stratégie de survie.


Alors, comment sortir de ce cycle ?

1. Reconnaître sans se juger

→ L’addiction n’est pas un échec. C’est un signal.
→ C’est la partie visible d’une douleur invisible.

2. Identifier les déclencheurs émotionnels et contextuels

→ Quand ? Où ? Avec qui ? Qu’est-ce que je ressens juste avant ?

3. Remettre du choix dans l’automatisme

→ Une pause de 10 secondes peut suffire à briser le réflexe
→ Introduire des gestes alternatifs, même imparfaits

4. Travailler sur le besoin sous-jacent

→ Ai-je besoin de repos ? De contact ? De sens ? De sécurité ?
→ L’objet n’est pas la réponse. Juste un leurre.

5. Se faire accompagner si nécessaire

→ Thérapie, groupe de soutien, professionnels de l’addictologie
→ Le processus de sortie est possible. Jamais linéaire, mais réel.


En conclusion

La dépendance n’est pas une faiblesse.
C’est une tentative de soulagement, devenue piège.

En comprendre les mécanismes, c’est se redonner du pouvoir.
Et apprendre, doucement, à ne plus fuir…
Mais à habiter sa vie autrement.

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