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Bouger sans arrêt. Secouer la jambe. Taper des doigts. Se lever. Tourner. Marcher. Revenir.
Pour certaines personnes, ces mouvements semblent anodins. Pour d’autres, ils sont incessants. Ils traduisent quelque chose de plus profond : une agitation motrice.

Souvent ignorée ou minimisée, cette agitation du corps en dit pourtant long sur l’état intérieur d’un individu. Dans cet article, nous allons plonger dans les mécanismes psychologiques, émotionnels et physiologiques qui expliquent ce besoin de mouvement — parfois irrépressible — qui habite certaines personnes.


Qu’est-ce que l’agitation motrice ?

L’agitation motrice se définit par une activité physique excessive, difficilement contrôlable, souvent sans but apparent, qui peut s’exprimer par :

  • Des mouvements des jambes ou des bras
  • Des déplacements répétés (faire les cent pas)
  • Des tics ou gestes nerveux (se frotter les mains, jouer avec un objet)
  • Une incapacité à rester assis ou immobile

Elle n’est pas forcément visible à grande échelle : une personne peut bouger subtilement sans que cela soit détecté, mais vivre une intense tension intérieure.


D’où vient ce besoin de bouger ?

🧠 Une décharge du mental

Le corps devient souvent l’exutoire de l’esprit. Lorsqu’il y a trop de pensées, trop de stress ou trop d’émotions, le mouvement peut servir à détourner ou évacuer cette charge.

⚡ Un système nerveux en hypervigilance

Le stress chronique ou l’anxiété peuvent maintenir le corps dans un état d’alerte permanent. Cela active inconsciemment des mouvements, comme s’il fallait “se préparer à fuir ou agir”.

🧬 Une origine neurobiologique

Dans certains cas, notamment chez les enfants avec un TDAH, ou chez les personnes présentant des troubles neurologiques ou psychiatriques, cette agitation a une origine neurodéveloppementale. Elle n’est ni volontaire ni totalement maîtrisable.

🎭 Une stratégie d’adaptation

Certaines personnes bougent pour canaliser une émotion (colère, angoisse, frustration), ou pour se dissocier d’un malaise intérieur difficile à verbaliser.


Ce que cela révèle : une lecture psychologique

Bouger sans arrêt n’est pas un caprice ni un simple “manque de calme”. C’est souvent le langage du corps qui tente de compenser ou d’exprimer un déséquilibre intérieur.

L’agitation motrice peut révéler :

  • Une tension émotionnelle contenue
  • Un sentiment d’insécurité intérieure
  • Un besoin de maîtrise sur son environnement
  • Une hyperstimulation cognitive (pensées rapides, anticipation constante)

Quand l’agitation devient problématique

L’agitation motrice n’est pas toujours pathologique. Elle peut devenir préoccupante lorsqu’elle :

  • Gêne le sommeil ou la concentration
  • Impacte les relations sociales
  • S’installe dans la durée sans soulagement
  • Accompagne des troubles de l’humeur ou de l’anxiété sévère

Dans certains contextes cliniques (troubles bipolaires, épisodes psychotiques, dépression agitée…), elle fait même partie des critères d’évaluation psychiatrique.


Faut-il la contrôler ?

Plutôt que chercher à “faire taire” le mouvement, il est souvent plus utile de le comprendre.
Interroger son origine, son rythme, son intensité. Est-ce lié à un stress particulier ? À une situation anxiogène ? À une émotion non exprimée ?

Une fois le sens repéré, on peut chercher des moyens d’apaisement plus adaptés : respiration, recentrage corporel, activité physique volontaire, mise en mots du ressenti, etc.


Ce qu’on peut retenir

  • L’agitation motrice est un symptôme avant d’être un problème.
  • Elle traduit souvent un déséquilibre entre ce que le corps contient et ce que l’esprit ne peut exprimer.
  • Plutôt que la juger, il est essentiel d’y prêter attention avec bienveillance, comme à un signal utile, parfois urgent.

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