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Il y a les repas partagés, les plaisirs simples, les saveurs qui éveillent.
Et puis il y a ces moments où l’on mange vite, trop, en silence ou dans le flou.
Des moments où on ne sait plus très bien si l’on mange pour se nourrir… ou pour ne pas ressentir.

Dans le cadre des addictions alimentaires, la nourriture devient bien plus qu’un carburant :
elle devient un refuge, un dérivatif, parfois un anesthésiant.

Mais il est possible de reconstruire un rapport apaisé à l’alimentation.
Pas à pas. Non pas en reprenant le contrôle, mais en reprenant contact.


Quand on mange pour s’éloigner de soi

On parle souvent de “faim émotionnelle”.
Mais au fond, c’est plus subtil que ça.

Il ne s’agit pas seulement de combler un vide.
Il s’agit de se fuir soi-même.

  • Fuir une tension
  • Fuir une pensée
  • Fuir une solitude
  • Fuir un sentiment d’imperfection ou de honte

La nourriture devient alors un moyen de se dissocier de soi, de s’éloigner du présent.


Les signes qu’on se nourrit pour se fuir

  • Manger sans faim réelle, à des moments inattendus
  • Perdre la notion de quantité, de goût, de plaisir
  • Ressentir un “flou” entre le début et la fin de l’acte
  • Se sentir plus vide après qu’avant
  • Avoir du mal à se souvenir de ce qu’on a mangé
  • Éprouver de la honte sans comprendre pourquoi

Ce n’est pas une simple compulsion.
C’est une tentative de survie émotionnelle.


Pourquoi cette stratégie est si fréquente

Parce qu’elle fonctionne.
Sur le moment.

Manger permet de :

  • Se recentrer (même artificiellement)
  • Créer une distraction corporelle
  • Apporter un plaisir immédiat
  • Offrir un rituel connu, rassurant
  • Occuper l’espace intérieur quand il devient trop vaste ou trop lourd

Mais à long terme, on perd le lien avec soi-même. Avec son corps. Avec ses besoins. Avec son vécu.


Comment commencer à se nourrir avec présence ?

Pas besoin de tout changer.
Il suffit parfois de ralentir. De revenir à soi. D’oser sentir.

Voici quelques étapes concrètes :


1. Créer un rituel d’ancrage avant de manger

→ Se poser une minute. Fermer les yeux. Respirer.
→ Demander : “De quoi ai-je vraiment besoin là, maintenant ?”


2. Réintégrer les sensations corporelles

→ Est-ce de la faim ? Une envie ? Une habitude ? Une fuite ?
→ Ressentir : salivation, tension, estomac, respiration…


3. Manger avec lenteur et curiosité

→ Goût, texture, température, rythme
→ Ne rien faire d’autre : pas d’écran, pas de stress
→ Observer comment l’émotion évolue au fil du repas


4. Nommer ce qui se passe émotionnellement

→ “Je me sens seule, et j’ai envie de me remplir.”
→ “Je suis tendu·e, et j’ai besoin d’un apaisement.”
→ “Je cherche du réconfort, pas de la nourriture.”


5. S’autoriser le plaisir… sans se fuir

→ Manger avec joie, en conscience, sans jugement
→ Le plaisir n’est pas un danger. C’est un pont vers soi.


La nourriture comme lien… pas comme échappatoire

Lorsque l’on mange en conscience :

  • Le corps devient un allié, pas un ennemi
  • La nourriture devient un soutien, pas une prison
  • Le moment du repas devient un espace de retour à soi, pas de dissociation

Et peu à peu, on sort de la compulsion.
Non pas en se forçant, mais en se retrouvant.


En conclusion

Apprendre à se nourrir sans se fuir, ce n’est pas faire preuve de discipline.
C’est faire preuve de tendresse.

C’est oser être là, avec ce que l’on ressent. Avec ce que l’on est.
Et se rappeler que le vrai apaisement ne vient pas de l’extérieur.

Il vient du lien que l’on tisse… avec soi-même.

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