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Un soir calme. Le téléphone posé à côté. Le silence.
Et puis… ce geste presque automatique : ouvrir une application, remplir un panier, valider.
Rien d’urgent. Rien de vital. Mais quelque chose qui apaise. Qui occupe. Qui fait du bien.

Pour beaucoup de personnes, l’acte d’achat — en ligne ou en boutique — prend peu à peu la place d’un lien émotionnel absent.
Non pas parce qu’on aime tant consommer… mais parce que cela réchauffe un vide.


La solitude, ce manque de présence invisible

La solitude n’est pas forcément l’absence de gens autour.
Elle peut être :

  • Une sensation d’isolement intérieur
  • Un sentiment d’inexistence dans le regard d’autrui
  • Un manque de contact émotionnel profond

Dans ce contexte, acheter devient :

  • Un rituel de compagnie
  • Une manière de se reconnecter au monde
  • Un geste qui dit “je m’offre quelque chose, donc j’existe”

Pourquoi l’achat “rassure” face à la solitude

1. Il crée une interaction, même simulée
→ On clique, on reçoit un message, une validation, une livraison : quelqu’un répond.

2. Il structure le temps
→ L’anticipation, la commande, la réception : autant d’étapes qui rythment la journée.

3. Il produit une émotion tangible
→ Excitation, satisfaction, anticipation… qui remplacent momentanément le vide affectif.

4. Il agit comme un doudou émotionnel
→ L’objet acheté devient un support symbolique : il “répare” quelque chose.


Des signes que l’achat devient une béquille affective

  • Sentiment de vide accru les jours sans commande ou sans livraison
  • Besoin de consommer dès que l’on se sent seul·e
  • Soulagement temporaire suivi d’un retour de tristesse
  • Achat d’objets sans projet, sans envie réelle, juste pour “sentir quelque chose”
  • Réflexion fréquente : “Je me suis offert ça, au moins ça”

Le piège doux : entre réconfort et illusion

Ce type d’achat n’est pas dangereux en soi. Il peut même être apaisant, ponctuellement.
Mais à long terme :

  • Il ne nourrit pas de vrai lien
  • Il peut renforcer le sentiment de vide
  • Il repousse la question : “De quoi ai-je réellement besoin ?”

Et plus on achète pour combler… plus le manque d’affection réelle se creuse.


Que faire face à ce mécanisme ?

1. Nommer l’émotion avant l’achat
→ “Je me sens seul·e, je cherche du réconfort. Est-ce que cet achat va vraiment m’en donner ?”

2. Créer des gestes symboliques non marchands
→ Se préparer un bon repas, s’enrouler dans un plaid, écrire, marcher, appeler quelqu’un

3. Remettre du lien dans le quotidien
→ Même un échange bref peut réduire le besoin de compenser par l’objet

4. Explorer les causes profondes de cette solitude
→ Est-elle ponctuelle ? Structurelle ? Liée à une rupture ? À un manque ancien ?

5. Se faire accompagner si la solitude devient douloureuse
→ Il ne s’agit pas d’acheter moins, mais de retrouver le contact émotionnel réel.


En conclusion

Les achats liés à la solitude sont des tentatives tendres, humaines, touchantes de prendre soin de soi.
Mais ils ne remplaceront jamais une vraie présence, un regard sincère, un contact vivant.

Plutôt que de se juger pour ces achats, il est plus juste de se demander :
“Et si ce que je cherchais, c’était juste un peu de chaleur ?”

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