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À première vue, les saisons rythment la vie de manière naturelle : le renouveau du printemps, la chaleur de l’été, le repli de l’automne, la lenteur de l’hiver. Pourtant, pour certaines personnes, le passage d’une saison à l’autre déclenche une véritable angoisse. Il ne s’agit pas d’une simple nostalgie ni d’un petit blues météo, mais d’un trouble plus profond, plus invisible : l’anxiété du changement de saison.

Ce phénomène s’inscrit dans les phobies liées au contexte, car c’est bien le cadre général, l’ambiance globale, la temporalité cyclique qui agit comme déclencheur émotionnel.


Ce que l’on ressent pendant les changements de saison

  • Un sentiment de perte de repères : les jours s’allongent ou raccourcissent, le rythme biologique est perturbé,
  • Une fatigue chronique, voire un effondrement de l’énergie,
  • Des troubles de l’humeur : irritabilité, tristesse, apathie, angoisse latente,
  • Un repli social, par perte de motivation ou hypersensibilité,
  • Un besoin accru de contrôle (sur le sommeil, l’alimentation, l’emploi du temps…).

Ce que les saisons symbolisent… intérieurement

Chaque saison porte un ensemble de représentations inconscientes :

  • L’automne peut évoquer la perte, le deuil, la fin d’un cycle.
  • L’hiver peut activer une sensation d’enfermement, de stagnation, de froid intérieur.
  • Le printemps pousse à sortir, à s’ouvrir, ce qui peut faire peur.
  • L’été impose souvent un rythme plus social, plus visible, plus intense.

Pour les personnes sensibles, ces symboliques agissent comme des déclencheurs internes, parfois à leur insu.


D’où vient cette angoisse saisonnière ?

• Désynchronisation biologique

Les rythmes circadiens (sommeil, énergie, humeur) sont sensibles à la lumière. Un changement de saison peut provoquer une désorganisation hormonale, affectant notamment la mélatonine et la sérotonine.

• Changements sensoriels brutaux

Lumière, température, bruits extérieurs, rythme des gens autour… Chaque saison modifie l’environnement sensoriel, ce qui peut être déstabilisant pour les personnes hypersensibles.

• Rappels inconscients

Les saisons sont des marqueurs temporels. Elles peuvent réveiller des souvenirs difficiles : automne d’un deuil, hiver d’un isolement, printemps d’une rupture…

• Difficulté d’adaptation psychique

Changer de saison, c’est devoir modifier ses rythmes, ses vêtements, ses activités, son rapport au corps et au monde. Pour certains profils, c’est une charge mentale et émotionnelle de trop.


Ce que montre la science

On parle souvent de trouble affectif saisonnier (TAS), reconnu comme un trouble dépressif à part entière dans le DSM-5. Mais même sans trouble clinique, de nombreuses personnes présentent une anxiété contextuelle liée aux saisons, appelée sensibilité saisonnière.

Des études ont mis en évidence :

  • une corrélation entre baisse de luminosité et humeur dépressive,
  • une augmentation de la rumination mentale pendant les périodes de transition saisonnière,
  • un besoin accru de stabilité et de régulation émotionnelle durant ces phases.

Les conséquences si l’on ne les identifie pas

  • Fatigue chronique, incomprise médicalement,
  • Isolement social ou baisse de productivité récurrente,
  • Ritualisation excessive pour « se rassurer »,
  • Auto-culpabilisation : “je n’ai pas d’énergie alors que je devrais aller bien”,
  • Procrastination émotionnelle : repousser des décisions ou des engagements à cause du mal-être saisonnier.

Comment apprivoiser les changements de saison ?

1. Nommer ce qu’on vit

Dire « je traverse une période de transition saisonnière difficile » permet de valider son ressenti au lieu de le minimiser ou de s’en vouloir.

2. Ritualiser les passages

Créer un petit rituel de passage entre chaque saison (marche, rangement, lettre à soi, playlist dédiée) aide le psychisme à symboliser la bascule.

3. Adapter son rythme volontairement

Alléger le programme en automne, ralentir en hiver, remettre du mouvement au printemps… Accompagner le corps au lieu de le forcer.

4. Utiliser la lumière

Luminothérapie, sortie matinale, lumière chaude en intérieur : exposer ses récepteurs sensoriels de manière consciente aide le système nerveux.

5. S’autoriser à ressentir

Il n’y a pas à “aimer” toutes les saisons. On a le droit de préférer certaines ambiances. Accueillir son rythme émotionnel est une forme de soin.


Questions à se poser

  • Quelle saison me met le plus en difficulté ? Et pourquoi ?
  • Est-ce que j’observe des schémas récurrents dans mes humeurs selon le calendrier ?
  • De quoi ai-je besoin pour me sentir soutenu·e pendant les transitions saisonnières ?
  • Et si je faisais de ce changement un moment de recentrage plutôt qu’une menace ?

Conclusion : Les saisons changent, et c’est normal de vaciller un peu

L’anxiété du changement de saison n’est pas une fragilité à cacher. C’est un signal de sensibilité intérieure, une invitation à se respecter plus profondément, à s’ajuster, à ralentir ou à renaître… selon son propre rythme.

Et si, plutôt que de résister au changement, tu en faisais un allié pour te réaccorder à toi-même ?

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