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Il marche sans s’arrêter. Tourne en rond. Bouge les mains. S’agite sur place.
On lui dit : “Pourquoi tu ne restes pas tranquille ?”
Mais lui-même ne le sait pas vraiment. Ce qu’il sait, c’est qu’il ne peut pas rester immobile.

Et si ce besoin de mouvement n’était pas qu’une question d’énergie ?
Et s’il traduisait une tentative d’échapper à quelque chose ? Une fuite, non pas physique, mais intérieure.

Dans cet article, nous allons explorer l’idée que l’agitation motrice peut être une réponse inconsciente à un conflit interne, un langage du corps quand l’émotion devient trop forte, ou que l’esprit n’ose pas aller là où ça fait mal.


Mouvement : expression ou évitement ?

Nous avons appris à associer le mouvement à l’action, à l’efficacité, à l’énergie.
Mais parfois, le mouvement n’a pas de but visible, il détourne l’attention de quelque chose d’essentiel.

L’agitation corporelle peut alors être :

  • Une tentative d’expression indirecte (je bouge donc je ne ressens pas)
  • Une fuite symbolique (je marche pour ne pas penser)
  • Un mécanisme d’évitement émotionnel (je m’agite pour ne pas m’effondrer)

Ce que le corps essaie d’éviter

Lorsque le corps entre en agitation constante, il se peut qu’il cherche à fuir :

  • Une émotion refoulée (tristesse, colère, peur)
  • Un conflit intérieur non résolu
  • Une prise de conscience inconfortable
  • Un manque d’ancrage ou de sécurité

Le mouvement devient alors un rempart contre l’introspection, un moyen de se “remplir” pour ne pas sentir le vide ou l’angoisse.


Des exemples parlants

  • Cette personne qui ne peut rester assise seule sans bouger : peur du vide intérieur
  • Cet adolescent qui fait du sport de manière excessive : canalisation d’une souffrance silencieuse
  • Ce parent hyperactif au quotidien : fuite d’une tristesse qu’il n’a jamais formulée
  • Ce salarié qui ne supporte pas l’inaction : anxiété liée à l’image de soi, à la performance

Quand le mouvement devient une armure

L’agitation motrice peut aussi devenir une carapace relationnelle.
Elle empêche :

  • Le silence (qui amène à soi)
  • Le repos (qui confronte à l’intériorité)
  • Le lien profond (qui suppose la vulnérabilité)

Certains bougent pour éviter d’entrer en lien, ou pour masquer une insécurité affective ou existentielle.


Comment écouter ce que dit le mouvement

  1. Se poser cette question : “À quoi est-ce que j’essaie d’échapper ?”
  2. Observer les moments où le besoin de bouger surgit (silence, solitude, conflit…)
  3. Accueillir ce qui vient en restant immobile quelques instants : que se passe-t-il ?
  4. Exprimer autrement : par l’art, la parole, le corps en mouvement conscient (danse, écriture corporelle)
  5. Accepter que le calme est parfois inconfortable… mais révélateur

Ce qu’on peut retenir

  • L’agitation motrice n’est pas toujours un excès d’énergie, mais parfois un évitement émotionnel.
  • Le corps devient alors un refuge temporaire, mais aussi un messager qu’il faut apprendre à entendre.
  • En ralentissant un peu, en restant avec soi-même, on ouvre une porte vers une compréhension plus profonde, plus humaine, de ce que l’on vit.

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