Un objectif à atteindre. Une compétition à gagner. Un corps à sculpter.
Et la tentation de “booster” un peu les choses.
Une cure. Un produit. Un “petit coup de pouce”.
Le dopage est souvent associé aux excès des sportifs professionnels.
Mais la réalité est bien plus large.
Et les effets psychiques du dopage sont trop souvent minimisés, voire ignorés.
Au-delà des risques physiques, le dopage fragilise l’estime de soi, alimente l’obsession de la performance, et détruit l’équilibre psychologique.
Le dopage, ce n’est pas que des stéroïdes
- Substances anabolisantes (musculation, force)
- Hormones (testostérone, hormone de croissance)
- Boosters cognitifs ou énergétiques
- Produits “naturels” présentés comme inoffensifs mais fortement dosés
Le dopage s’infiltre partout : dans les salles de sport, les compétitions amateurs, les milieux scolaires, et même dans les routines “bien-être”.
Et il n’est pas toujours visible.
Ce que le dopage promet (et pourquoi c’est tentant)
- Des résultats rapides
- Une impression de contrôle sur le corps
- Une validation sociale (“t’as fondu !”, “t’as pris en masse !”)
- Un soulagement d’une angoisse diffuse de ne pas être “suffisant·e”
Mais ces effets sont souvent éphémères, artificiels, conditionnels.
Et le prix à payer est souvent mental.
Les impacts psychiques du dopage
1. Altération de l’image de soi
→ Le corps devient un “projet” à maintenir sous produits
→ Sans eux, le regard sur soi s’effondre
2. Dépendance psychologique
→ Le produit devient un pilier : sans lui, baisse de motivation, d’estime, de confiance
3. Anxiété et paranoïa
→ Crainte d’être “démasqué·e”, jugé·e, observé·e
→ Surveillance constante de ses performances, de son physique
4. Dépression masquée ou brutale
→ Sevrage, chute hormonale, épuisement du système nerveux
5. Isolement progressif
→ Honte, secret, rigidité, obsession
Ce que le dopage vient souvent couvrir
- Un mal-être identitaire : “je ne vaux que si je suis performant·e”
- Un traumatisme corporel ou social : harcèlement, rejet, complexes
- Une peur de la lenteur, de l’imperfection, du vide
C’est une fuite en avant dans le corps, pour éviter de toucher au cœur.
Comment se reconstruire après ou face à une pratique dopante
1. Oser en parler, sans honte
→ Le silence est complice du poison
→ Le premier pas, c’est déposer le poids du secret
2. Se faire accompagner par des professionnel·les compétent·es
→ Addictologues, psychologues, médecins spécialisés
→ Pour sortir du cycle avec sécurité, sans brutalité
3. Repenser la performance
→ Pourquoi ai-je besoin de faire toujours “plus” ?
→ Qu’est-ce que je redoute dans le relâchement, la lenteur ?
4. Travailler l’estime de soi autrement
→ Par des activités non compétitives, du soin, de la créativité, des liens humains
→ En acceptant d’être sans “amélioration” permanente
5. Reconstruire une relation sensible au corps
→ Écouter, reposer, ressentir, honorer
→ Apprendre à s’aimer sans condition
En conclusion
Le dopage ne concerne pas que les champions.
Il concerne toute personne en quête de reconnaissance, de vitesse, de maîtrise.
Mais derrière la performance boostée, il y a souvent une fatigue intérieure, une peur d’être ordinaire, un corps qu’on n’écoute plus.
Revenir à soi, c’est parfois accepter de ralentir.
C’est redonner au corps le droit d’être un lieu de vie, pas un champ d’amélioration constante.
Et redécouvrir que la vraie force…
c’est d’exister sans artifice.
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