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Courir, transpirer, se dépasser.
Ressentir la brûlure des muscles, le souffle court, l’adrénaline qui monte.
Et recommencer, encore, tous les jours. Par besoin. Par urgence. Par peur de s’arrêter.

Faire du sport, c’est bon pour la santé.
Mais lorsque l’effort devient impératif, incontrôlable, culpabilisant, il ne s’agit plus de santé.
Il s’agit d’un mécanisme d’addiction, souvent bien camouflé sous les apparences de rigueur et de motivation.


Quand le sport devient une fuite intérieure

L’addiction au sport n’est pas toujours visible.
Elle est souvent valorisée socialement : corps affûté, énergie, discipline, persévérance.
Mais derrière cette façade peuvent se cacher :

  • Une angoisse permanente
  • Une incapacité à rester inactif·ve
  • Une culpabilité immédiate à l’idée de “ne rien faire”
  • Un besoin de s’éloigner de ses émotions en les épuisant physiquement

C’est le corps qui court, pendant que l’esprit fuit.


Les signes d’une dépendance à l’effort

  • Faire du sport tous les jours, sans réelle pause, même en cas de fatigue ou de blessure
  • Prioriser l’entraînement au détriment de la vie sociale ou familiale
  • Ressentir une anxiété forte en cas d’interruption
  • Avoir un discours dur avec soi-même (“tu es faible”, “tu perds ton niveau”)
  • Utiliser l’activité physique comme seul moyen d’apaisement émotionnel

Ce n’est plus une activité choisie. C’est un rituel imposé, une prison dorée.


Ce que cette compulsion vient souvent masquer

  • Un besoin de contrôle, face à un monde intérieur instable
  • Un refus de vulnérabilité
  • Une difficulté à ressentir ses émotions autrement que par le corps
  • Une quête de perfection, de pureté, d’invulnérabilité
  • Un sentiment diffus de ne jamais être “assez”, qu’il faut compenser par la performance

L’épuisement devient une preuve de valeur.
La douleur, une mesure de mérite.
Et l’arrêt… une angoisse.


Les risques invisibles mais bien réels

  • Blessures chroniques, tendinites, fractures de fatigue
  • Troubles hormonaux, aménorrhée chez certaines femmes
  • Troubles du sommeil liés à l’hyperactivation
  • Dérèglement du rapport à la faim et au corps
  • Isolement social
  • Burn-out physique et émotionnel

Ce n’est pas du sport. C’est une fuite vers l’avant.


Comment retrouver une relation apaisée à l’effort ?

1. Identifier les déclencheurs émotionnels

→ “Qu’est-ce que je ressens quand je ne fais pas de sport ?”
→ “Est-ce de la culpabilité, de la peur, du vide ?”

2. Varier les formes d’activité

→ Intégrer des mouvements doux, non performants : marche lente, yoga, danse libre
→ Laisser une place à l’improvisation, à la lenteur, au ressenti

3. Accepter l’idée de pause comme soin, non comme faiblesse

→ Le repos est une partie intégrante de l’équilibre corporel
→ Il n’annule pas les bienfaits précédents

4. Travailler sur l’identité sans performance

→ Qui suis-je quand je ne fais pas de sport ?
→ Quelles autres facettes de moi méritent d’exister ?

5. Se faire accompagner si besoin

→ Par un·e thérapeute, un·e professionnel·le du mouvement conscient, un médecin du sport
→ Pour sortir du cercle sans s’y opposer frontalement, mais avec douceur


En conclusion

Le sport peut être un chemin vers soi.
Mais lorsqu’il devient le seul moyen d’exister, de se réguler, de se faire exister, il cesse d’être une aide.
Il devient une fuite qui use, qui isole, qui consume.

Revenir au mouvement pour le plaisir, pour la vitalité, pour la respiration…
c’est se redonner le droit d’être en mouvement sans se fuir.

Parce que l’équilibre, ce n’est pas l’effort permanent.
C’est le respect de ses rythmes, de ses émotions, de ses besoins — tout entier.

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