Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est souvent considéré comme un trouble principalement masculin. En effet, les recherches montrent que le TDAH est diagnostiqué chez environ 3 garçons pour 1 fille dans l’enfance. Cependant, cette différence dans le taux de diagnostic ne reflète pas nécessairement une différence dans la prévalence réelle du trouble.
👉 De nombreuses études récentes suggèrent que le TDAH est sous-diagnostiqué chez les filles en raison de :
- Symptômes moins visibles (type inattentif plus fréquent)
- Manifestations comportementales plus discrètes
- Biais dans les critères de diagnostic basés sur des études principalement masculines
Dans cet article, nous allons explorer les différences de genre dans le TDAH, expliquer pourquoi les filles sont souvent sous-diagnostiquées, et analyser les implications pour la prise en charge du trouble.
Prévalence du TDAH chez les garçons et les filles
➡️ Chiffres clés sur la différence de genre dans le TDAH
✅ Le TDAH est diagnostiqué trois fois plus souvent chez les garçons que chez les filles dans l’enfance.
✅ À l’adolescence, cet écart diminue légèrement : environ 2 garçons pour 1 fille.
✅ À l’âge adulte, la différence de prévalence est presque nulle : autant d’hommes que de femmes sont diagnostiqués avec un TDAH.
👉 Ce rééquilibrage à l’âge adulte suggère que le TDAH chez les filles est souvent manqué pendant l’enfance.
Manifestations comportementales différentes selon le genre
1. Symptômes plus internalisés chez les filles
Chez les garçons, le TDAH se manifeste souvent par :
✔️ Agitation physique (hyperactivité)
✔️ Comportement impulsif
✔️ Trouble de la discipline en classe
👉 Ces comportements sont plus visibles et attirent donc plus rapidement l’attention des enseignants et des parents.
Chez les filles, le TDAH est généralement de type inattentif :
✔️ Difficulté à maintenir l’attention
✔️ Tendance à la rêverie
✔️ Procrastination
✔️ Difficulté à suivre une consigne complexe
✔️ Mauvaise organisation
👉 Ces symptômes sont souvent interprétés comme de la timidité, du manque de confiance en soi ou un déficit de motivation.
2. Masquage des symptômes chez les filles
Les filles développent plus fréquemment des stratégies d’adaptation pour masquer leurs difficultés :
✅ Elles font preuve de plus de conformité sociale.
✅ Elles adoptent des comportements compensatoires (révisions intensives, organisation rigide).
✅ Elles évitent les situations sociales stressantes pour masquer leur trouble.
👉 Résultat : les symptômes sont moins visibles pour les parents et les enseignants.
3. Différences émotionnelles
Les filles avec un TDAH ont tendance à développer :
✔️ Une hypersensibilité émotionnelle → plus grande réactivité émotionnelle.
✔️ Une anxiété sociale → crainte du rejet par les pairs.
✔️ Un sentiment d’échec face à leurs difficultés.
👉 Ces difficultés émotionnelles peuvent conduire à une dépression ou à un trouble anxieux secondaire.
Facteurs contribuant au sous-diagnostic chez les filles
1. Biais dans les critères diagnostiques
Les critères de diagnostic du TDAH dans le DSM ont été établis à partir d’études majoritairement menées sur des garçons :
✅ Les comportements hyperactifs sont plus faciles à observer → les filles sont donc souvent ignorées par les professionnels.
✅ Le TDAH de type inattentif est moins bien pris en compte dans les systèmes de diagnostic.
2. Facteurs socioculturels
Les filles sont souvent soumises à des attentes sociales différentes :
✔️ Elles sont encouragées à être calmes et concentrées → une agitation est rapidement perçue comme un problème comportemental.
✔️ Les troubles du comportement sont plus tolérés chez les garçons → une fille « agressive » est rapidement considérée comme problématique.
✔️ Les enseignants sont plus attentifs aux troubles comportementaux qu’aux troubles cognitifs ou attentionnels.
3. Influence des hormones
Les variations hormonales jouent également un rôle dans la manifestation du TDAH chez les filles :
✅ L’augmentation des œstrogènes pendant la puberté améliore temporairement la capacité d’attention → masquage des symptômes.
✅ Les fluctuations hormonales influencent la régulation émotionnelle → symptômes plus visibles à l’adolescence.
Conséquences du sous-diagnostic chez les filles
➡️ Les filles non diagnostiquées sont souvent :
❌ Perçues comme « paresseuses » ou « désorganisées ».
❌ Soumises à une forte pression sociale pour compenser leurs difficultés.
❌ Plus susceptibles de développer des troubles anxieux ou une dépression.
❌ Plus à risque de troubles du comportement alimentaire (exemple : anorexie, boulimie).
👉 À l’âge adulte, le TDAH non diagnostiqué chez les femmes est associé à un :
✅ Risque accru de burn-out professionnel
✅ Difficultés dans la gestion des relations interpersonnelles
✅ Échec dans la gestion des finances personnelles
Approches spécifiques pour le TDAH chez les filles
✅ Formation des professionnels de santé → mieux reconnaître les symptômes du TDAH chez les filles.
✅ Adaptation des critères diagnostiques → inclure davantage de symptômes internalisés (manque de confiance en soi, difficulté à demander de l’aide).
✅ Prise en charge émotionnelle → soutien dans la régulation des émotions et la gestion du stress.
✅ Coaching scolaire et professionnel → développement de stratégies d’adaptation (méthodes d’organisation, gestion du temps).
✅ Traitement médicamenteux adapté → stimulant (méthylphénidate) ou non-stimulant (atomoxétine).
Différences de genre dans le TDAH : résumé
Critère | TDAH chez les garçons | TDAH chez les filles |
---|---|---|
Symptômes dominants | Hyperactivité, impulsivité | Inattention, rêverie |
Comportement en classe | Agitation, perturbation | Calme apparent, distraction interne |
Émotions | Colère, frustration | Anxiété, hypersensibilité émotionnelle |
Diagnostic | Plus rapide et plus fréquent | Plus tardif, souvent ignoré |
Conséquences | Trouble de la discipline | Dépression, faible estime de soi |
Conclusion
Le TDAH est souvent perçu comme un trouble masculin en raison de la forte proportion de diagnostics chez les garçons. Cependant, cette tendance reflète davantage un biais dans les critères de diagnostic qu’une différence réelle dans la prévalence du trouble.
👉 Les filles sont souvent sous-diagnostiquées en raison de symptômes plus internalisés, d’un masquage social et de l’absence de comportements perturbateurs visibles.
Une meilleure prise en compte des différences de genre dans le TDAH permettrait d’améliorer le diagnostic précoce et la prise en charge adaptée des filles atteintes de ce trouble.
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.