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Dans un monde où la rapidité et la productivité sont valorisées, le multitâche est souvent perçu comme une compétence essentielle. Répondre à un e-mail tout en participant à une réunion en ligne, écouter un podcast en faisant du sport ou rédiger un rapport en consultant des notifications sont des pratiques courantes dans la vie professionnelle et personnelle.

Cependant, les recherches en neurosciences montrent que le cerveau humain n’est pas conçu pour le multitâche. Ce que nous considérons comme une capacité à faire plusieurs choses en même temps est en réalité une succession rapide de changements d’attention (appelé switch-tasking). Cette bascule constante entre les tâches crée une surcharge cognitive, augmente le risque d’erreurs et réduit l’efficacité globale.

Dans cet article, nous allons explorer les bases neurologiques du multitâche, les raisons pour lesquelles il est difficile pour le cerveau de gérer plusieurs tâches à la fois, et les stratégies pour améliorer la concentration et la performance dans un environnement multitâche.


1. Comment le cerveau traite les tâches multiples

Le cerveau fonctionne selon une logique de traitement séquentiel plutôt que parallèle.
➡️ Lorsque nous effectuons une tâche, le cerveau mobilise le cortex préfrontal et le cortex pariétal pour concentrer l’attention sur un objectif spécifique.
➡️ Le traitement simultané de plusieurs informations demande une coordination entre différents réseaux neuronaux, ce qui est énergivore et inefficace.


🧠 1) Le mythe du traitement parallèle

Le cerveau humain ne fonctionne pas comme un ordinateur à processeurs multiples.
➡️ Le traitement parallèle est limité à certaines fonctions automatiques (exemple : respiration, battement du cœur).
➡️ Le traitement d’informations complexes (exemple : langage, logique) mobilise le réseau exécutif, qui fonctionne de manière séquentielle.

👉 Exemple :

  • Il est possible de marcher et de respirer en même temps, mais il est difficile de lire un texte complexe tout en écoutant une conversation.

🔄 2) Switch-tasking : bascule rapide entre plusieurs tâches

Lorsque nous essayons de faire plusieurs tâches en même temps, le cerveau effectue en réalité une alternance rapide entre les tâches.
➡️ Chaque bascule entraîne une perte de temps appelée coût de commutation (switch cost).
➡️ Cette perte de temps est due au besoin de reconfigurer le cerveau pour traiter une nouvelle tâche.

👉 Exemple :

  • Répondre à un e-mail en pleine réunion entraîne une perte de concentration de plusieurs secondes après chaque interruption.

👉 Structures cérébrales impliquées :
Cortex préfrontal dorso-latéral – Coordination des tâches complexes.
Cortex cingulaire antérieur – Détection des erreurs et ajustement du comportement.
Lobe pariétal – Filtrage des stimuli non pertinents.


🚦 3) Attention divisée : traitement concurrent limité

L’attention divisée est la capacité à gérer plusieurs sources d’information en même temps.
➡️ Le cerveau est capable de diviser son attention entre deux tâches simples (exemple : marcher et écouter de la musique).
➡️ Cependant, lorsque deux tâches sollicitent le même système cognitif (exemple : langage), la performance diminue rapidement.

👉 Exemple :

  • Écouter une conférence tout en répondant à un message texte entraîne une baisse de la compréhension du contenu.

2. Pourquoi le multitâche est inefficace

1) Réduction de la capacité de mémoire de travail

La mémoire de travail est la capacité à maintenir temporairement une information en tête.
➡️ Le multitâche surcharge la mémoire de travail, réduisant la capacité à retenir une information complexe.

👉 Exemple :

  • Écouter une réunion tout en rédigeant un rapport diminue la capacité à se souvenir des détails de la réunion.

2) Augmentation du temps de traitement

➡️ Chaque changement de tâche entraîne une perte de temps due au besoin de « recalibrer » le cerveau.
➡️ Cette perte est appelée coût de commutation (switch cost).

👉 Exemple :

  • Il faut en moyenne 23 minutes pour retrouver un niveau de concentration optimal après une interruption.

3) Hausse du taux d’erreurs

➡️ Le multitâche provoque une augmentation des erreurs en raison du traitement partiel des informations.
➡️ La qualité du travail diminue en raison d’une attention fragmentée.

👉 Exemple :

  • Une personne qui conduit en téléphonant a 9 fois plus de risques d’avoir un accident.

4) Fatigue cognitive rapide

➡️ Le multitâche entraîne une consommation rapide de glucose dans le cortex préfrontal.
➡️ La fatigue cognitive réduit la capacité à maintenir une attention soutenue.

👉 Exemple :

  • Après une journée à jongler entre plusieurs tâches, la capacité de concentration est fortement réduite.

3. Facteurs qui aggravent les effets du multitâche

📱 1) Distractions numériques

➡️ Les notifications de téléphone ou d’ordinateur sollicitent constamment le système dopaminergique.
➡️ La tentation de vérifier les messages ou les réseaux sociaux fragilise l’attention.


😰 2) Stress

➡️ Le stress active l’amygdale, entraînant une diminution du contrôle attentionnel.
➡️ Sous stress, le cerveau a tendance à basculer rapidement entre les tâches sans maintenir une attention stable.


🍎 3) Fatigue

➡️ Le manque de sommeil réduit l’activité du cortex préfrontal.
➡️ La capacité à traiter plusieurs informations simultanément diminue fortement.


4. Stratégies pour améliorer l’attention et éviter le multitâche

🎯 1) Pratique du « single-tasking »

✅ Se concentrer sur une tâche à la fois.
✅ Supprimer les sources de distraction (exemple : téléphone, e-mails).


2) Technique Pomodoro

✅ Travailler en sessions de 25 minutes suivies de 5 minutes de pause.
✅ Renforce la capacité d’attention soutenue.


🧘 3) Pratique de la pleine conscience (mindfulness)

✅ Améliore le contrôle exécutif.
✅ Réduit le besoin de passer rapidement d’une tâche à une autre.


🛑 4) Réduction des interruptions

✅ Désactiver les notifications numériques.
✅ Créer des plages horaires spécifiques pour traiter les e-mails.


5. Résultats attendus après une réduction du multitâche

✔️ Augmentation de la productivité.
✔️ Réduction du taux d’erreurs.
✔️ Amélioration de la mémoire de travail.
✔️ Meilleure régulation du stress.


Conclusion

Le cerveau humain n’est pas conçu pour le multitâche. Ce que nous percevons comme une capacité à gérer plusieurs tâches simultanément est en réalité une bascule rapide entre plusieurs processus cognitifs. En privilégiant une approche de « single-tasking » et en limitant les interruptions, il est possible d’améliorer la concentration, la productivité et la qualité du travail.

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